Le chrono-dodo d’Aude Becquart ou comment aider son bébé à faire ses nuits

Parce que la qualité des nuits conditionne celle des journées de toute la famille, le sommeil de votre bébé devient vite le nerf de la guerre. Entre fatigue, angoisses nocturnes et excitation, le temps précieux du dodo peut être perturbé. Aude Becquart, grande spécialiste en matière de sommeil des bébés, vient de sortir un nouvel ouvrage référence, pour aider son bébé à faire ses nuits : La Méthode Chrono-dodo, pour les enfants de 0 à 6 ans. Elle nous livre ici ses secrets pour des nuits paisibles dans toute la maison.

Dans son livre, La méthode chrono-dodo, Aude Becquart propose de mettre en place une stratégie rapide, qui prend une dizaine de jours environ, pour résoudre de manière durable les problèmes de sommeil de l’enfant. La méthode peut être utilisée pour les problèmes de siestes, pour le soir ou pour les réveils nocturnes. Il s’agit d’un programme bien défini d’endormissement de l’enfant qui consiste à alterner entre des temps de visite de l’enfant qui est au lit et des temps d’absence. Les premiers résultats apparaissent en moyenne au bout de 5 à 7 jours. Il en existe plusieurs variantes détaillées dans l’ouvrage en fonction de l’âge et de la situation familiale.

Pourquoi mettre en place une méthode comme la « chrono-dodo » ?

Aude Becquart : Cela permet de rendre l’enfant autonome. Les parents qui me contactent ont déjà tout essayé. Très souvent, ils sont de bonne volonté, pensent bien faire et le résultat est contre-productif. La méthode que j’ai mise en place s’adresse donc à tous les parents qui se retrouvent en difficulté au moment des siestes ou des réveils nocturnes, dans le but d’apaiser le temps du sommeil.

Quelles sont les premières questions à se poser quand son enfant ne dort pas ?

 » A. B. : » La première question à se poser est : « est-ce que mon enfant est en bonne santé ? ». La méthode chrono-dodo se met en place avec un enfant impérativement en bonne santé. Il faut écarter les soucis liés à son bien-être physique pour régler le problème de sommeil sereinement.
« Comment va mon couple ? » : si le couple ne va pas bien, l’enfant le ressent forcément : difficile de mettre en place une quelconque stratégie pour qu’il dorme bien si l’origine du problème est ailleurs.
« Est-ce que j’ai une problématique de place ? » : le sommeil peut parfois être perturbé car l’enfant ou le parent n’est pas à sa place dans la structure familiale. Par exemple, il peut s’agir d’un enfant qui investit chaque nuit le lit de ses parents ou qui est exclusif. Du côté des parents, cela peut être un père symboliquement absent ou un parent qui réclame des câlins. Dans tous les cas, on essaie de comprendre ce qui empêche l’enfant de s’endormir voire de dormir. Une fois qu’on a trouvé ce qui ne va pas, on instaure une méthode qui nous correspond et que l’on adapte à l’enfant et au contexte.

Un enfant bien dans sa peau a plus de chances d’avoir un bon sommeil. Comment le rassurer, le sécuriser ?

 » A.B :  » La première chose à faire est de passer du temps de qualité avec lui. C’est-à-dire être 100% disponible pour lui, sans tablette ou téléphone dans la main. Pour les parents qui vivent à 100 à l’heure, cela peut être simplement 10 minutes par jour en semaine. Ne culpabilisez pas sur la durée de ces épisodes. Trouvez des moments où vous n’êtes pas dans le « faire », des moments pour faire du « rien ». Réduisez le temps du bain par exemple pour dégager quelques minutes avec votre enfant. Si vous avez du travail, ne le reprenez qu’une fois votre enfant couché.
Autre conseil pour rassurer votre enfant : donnez-lui un doudou. C’est un objet transitionnel qui aide à la séparation. Il a pour but de rassurer l’enfant dans les moments où il est confié ou dans les moments difficiles, comme quand il est malade ou qu’il va chez le pédiatre. Pour le sommeil, le doudou a aussi un rôle fondamental. L’enfant l’investit pour en faire le copain  du sommeil, quand il est seul.

Quelles sont les idées reçues à oublier au sujet du coucher de l’enfant ?

 » A.B :  » « Il faut laisser pleurer l’enfant » : Ce n’est pas une bonne idée dans la mesure où il doit toujours se sentir en sécurité.
« Il faut rester à côté de lui » : À l’inverse, cela ne le rend pas autonome. Même chose pour les enfants qui sont constamment portés pour s’endormir. Le jour où on les laisse seuls, il peut naitre chez eux un sentiment d’insécurité qui peut leur faire imaginer qu’il y a un danger à s’endormir seul.
« Il faut lui faire écouter de la musique » : Le risque c’est qu’au moindre réveil il en ait besoin pour se rendormir : on évite donc d’utiliser une boîte à musique pour l’endormissement.
« Il ne faut aucun bruit » : Ne vous arrêtez pas de vivre ! L’enfant doit apprendre à dormir dans toutes les conditions. C’est le même principe pour la luminosité.
« Il faut lui donner un biberon pour qu’il s’endorme » : L’alimentation doit être dissociée de l’endormissement. Un biberon ne doit pas se trouver dans un lit, il doit rester dans les pièces à vivre.

3 conseils à retenir de la méthode pour passer des nuits plus sereines.

Respectez les horaires. À partir de 2 ans et demi surtout, il est important d’avoir des horaires fixes pour aller au lit. Aidez votre enfant à respecter les consignes pour aller se coucher grâce à des repères visuels sur une horloge par exemple. Installez le lit de manière sécurisante dans la chambre. Si possible, la tête du lit doit se trouver contre un mur. Evitez aussi les étagères au-dessus du lit et faites en sorte que l’enfant puisse voir la porte d’entrée lorsqu’il est allongé. Mettez en place un rituel du coucher. Ce moment doit se passer hors du lit et doit être dédié à l’enfant, pour lui raconter des histoires ou lui chanter des chansons par exemple. Il sert à préparer l’enfant à la séparation et ne doit pas excéder 15 minutes.

La méthode chrono-dodo – Aider votre enfant à bien dormir, Aude Becquart, Leduc.S Pratique.