La trousse à pharmacie de bébé, ce qu’on garde et ce qu’on jette

Ouvrez n’importe quelle armoire à pharmacie de jeunes parents, vous y trouverez à peu près la même chose. Un thermomètre acheté dans l’urgence, trois sirops entamés dont personne ne se souvient de la date d’ouverture, une boîte de suppositoires offerte par belle-maman, et au fond, ce tube de crème miracle recommandé par une amie qui jure qu’il a sauvé son deuxième. Le problème, c’est que la moitié de ces produits ne devrait pas s’y trouver, et que l’autre moitié manque souvent à l’appel le jour où on en a vraiment besoin. Faisons le tri.

Les indispensables d’une trousse à pharmacie pour bébé

Le thermomètre arrive en tête des incontournables. Privilégiez un modèle rectal pour les moins de deux ans, c’est la méthode de référence pour les pédiatres, malgré le marketing agressif des thermomètres frontaux à infrarouge qui restent moins fiables sur les petites fièvres. Un détail qui compte quand on cherche à savoir si bébé est à 37,8 ou à 38,5, parce que la conduite à tenir n’est pas la même.

Vient ensuite le sérum physiologique en dosettes unidoses, probablement l’outil le plus utile de la trousse. Autant pour déboucher un nez encombré que pour nettoyer un œil collé au réveil, vous y aurez recours plusieurs fois par semaine pendant les deux premières années. Achetez-en par cartons, vous ne le regretterez pas.

Le paracétamol en suspension buvable s’impose comme l’antalgique de première intention. Gardez bien en tête qu’il se dose au poids de l’enfant, jamais à son âge, une nuance qui fait toute la différence en cas de fièvre ou de douleur post-vaccinale. Un nourrisson de quatre kilos à six mois ne reçoit pas la même dose qu’un bébé de huit kilos au même âge, même si l’étiquette semble suggérer le contraire.

Une crème émolliente de type Dexeryl complète l’arsenal pour les peaux sèches, particulièrement utile en hiver dans les appartements surchauffés. Pour les fesses irritées, une pâte à l’eau ou un liniment oléo-calcaire suffisent largement, inutile d’investir dans des produits sophistiqués à vingt euros le tube.

Côté désinfection, des compresses stériles et de la chlorhexidine aqueuse suffisent largement, sans la sensation de brûlure des antiseptiques alcoolisés qui font hurler bébé à chaque application. Ajoutez quelques pansements hypoallergéniques, en gardant à l’esprit qu’ils tiennent mal sur la peau de nourrisson et qu’une compresse maintenue par du sparadrap doux fait souvent mieux le travail.

Les médicaments à bannir absolument avant deux ans

Passons à ce qui doit quitter la trousse sans regret, et la liste est plus longue qu’on ne le croit.

Les sirops pour la toux d’abord. Tous, sans exception. Ils sont formellement contre-indiqués avant deux ans depuis 2010, et leur efficacité au-delà n’a jamais été démontrée sérieusement. Une toux chez un nourrisson se traite par l’humidification de l’air, le lavage de nez, et éventuellement une consultation si elle s’accompagne d’une gêne respiratoire. Pas par un sirop sucré coloré.

L’aspirine ensuite, à proscrire totalement chez l’enfant fébrile à cause du syndrome de Reye, une atteinte neurologique rare mais redoutable qui peut survenir lors d’une infection virale banale. Le message a beau être passé depuis trente ans, on retrouve encore des boîtes d’aspirine dans des trousses pour enfants.

Les suppositoires aux terpènes, ceux qui contiennent de l’eucalyptus, du camphre ou du menthol, ont été retirés du marché pour les moins de trente mois en 2011 après plusieurs cas de convulsions. Si vous en trouvez au fond d’une boîte, direction la pharmacie pour recyclage, pas la poubelle.

Les décongestionnants nasaux vasoconstricteurs sont à oublier jusqu’à l’adolescence, leurs effets cardiovasculaires les rendent inadaptés aux enfants. Quant aux antiseptiques colorés comme l’éosine ou le Mercurochrome, ils relèvent davantage de la nostalgie que de la médecine moderne, leur efficacité étant largement inférieure à celle des antiseptiques transparents.

Reste la question des dates de péremption, souvent mal comprise. La date imprimée sur la boîte ne vaut que pour un produit fermé. Une fois ouvert, un sirop de paracétamol se conserve six mois maximum, un collyre une quinzaine de jours, une pommade ophtalmique un mois. D’où l’intérêt d’un geste simple mais qui change tout. Notez au feutre indélébile la date d’ouverture sur chaque flacon. Vous éviterez l’arbitrage cornélien de trois heures du matin entre administrer un produit douteux et embarquer toute la famille aux urgences.

Et pour les bobos imaginaires, le patch placebo

Dans la trousse à pharmacie idéale, on peut aussi glisser quelque chose qui n’a aucune vertu thérapeutique mais qui répare beaucoup. Patcha, première marque française de patchs cosmétiques à diffusion cutanée, a développé une gamme spécifiquement pensée pour les enfants, avec un effet placebo totalement assumé. Le principe consiste à leur permettre de faire comme les grands, de coller un patch sur le bras pour soulager un genou écorché, calmer une angoisse avant l’école ou consoler un chagrin sans cause identifiable.

Les parents qui ont déjà sorti un sparadrap pour une douleur invisible savent à quel point le geste compte parfois plus que le soin lui-même. C’est simple, c’est honnête, et ça fait souvent gagner une demi-heure de larmes.

Une dernière chose. Une trousse à pharmacie de bébé bien faite tient dans une boîte à chaussures. Si la vôtre déborde, c’est probablement le signe qu’il est temps d’en sortir quelques-uns.

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