« Balance ta cape » : guide de survie pour les mamans au bord du burn-out

Il y a des livres qui sauvent… Celui-ci est à offrir à votre petite voisine de palier ou de porte-manteau à l’école, celle qui a l’air épuisée, un peu triste et submergée par la longueur de sa to-do list dès 8h le matin. Cette histoire de mamans qui se liguent pour alléger leur quotidien est drôle, juste et surtout truffée d’astuces et d’outils pour changer sa routine en mieux, se vider la tête vraiment, sauver son mental, son couple et son job sans sacrifier ses enfants…  On a rencontré Fanny et Anne-Sophie Lesage, les auteurs du livre « Balance ta cape » (éd. Solar), pour leur demander de nous en dire plus sur leur méthode pour alléger notre charge mentale.

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Comment est née l’idée de ce livre ? Est-ce que tout ça part d’un vécu personnel ?

Fanny : Complètement ! Même s’il ne s’agit pas d’un récit autobiographique, il est le fruit de réflexions et de constats sur nos vies de femmes. En échangeant avec des amies, on a réalisé qu’au final nous vivions toutes la même chose. Cette impression constante de courir, cette aspiration quasi permanente à vouloir nous dédoubler pour pouvoir être sur tous les fronts. Du coup, on a imaginé le journal intime d’une maman, working girl qui décide avec d’autres femmes de partir en quête de solutions pour alléger leur quotidien. On a essayé de traiter des sujets et des préoccupations que nous rencontrons aujourd’hui en tant que femmes, mais avec légèreté et autodérision sous la plume de notre héroïne atta’chiante, Alice.

Vous vous donnez pour mission d’alléger vraiment la charge mentale des femmes. Un sacré challenge… 

Anne-Sophie : L’idée pour nous c’était plus de soumettre des pistes, des outils que chacune pourra piocher et s’approprier… ou non. Il n’y a malheureusement pas une solution clef pour alléger sa charge mentale puisque celle-ci peut prendre des aspects très différents, en fonction de chaque personne mais aussi du moment de notre vie. Pour tout vous dire avec Fanny, nous sommes jumelles, vivons un quotidien plutôt similaire (à deux enfants près), mais nous n’avons pas du tout la même sensibilité face à certains outils que nous proposons dans le livre. Là où moi j’ai pu trouver un exutoire dans des exercices de cohérence cardiaque – étant une grande stressée-, Fanny va faire la peau à sa to-do list grâce à des outils plus créatifs comme le mindmapping (#matodolistestuneconnasse…).

Notre seule prétention dans ce roman, ce n’était pas de mettre en place un manuel anti-charge mentale, mais de proposer des pistes pour alléger nos quotidiens de femmes et surtout de faire comprendre que nous vivons toutes la même chose pour enfin arrêter de culpabiliser ! #cellesquisaventsavent…

Vous proposez au fil du récit beaucoup d’outils hyper pratiques à mettre en place dans le quotidien. Quels sont ceux qui vous ont le plus aidées ?

Fanny : Comme le soulignait Anne-Sophie, chacune a sa propre sensibilité. Mais dans les rituels qui ont fait l’unanimité pour nous, il y a les outils de priorisation comme la méthode Ivy Lee. C’est un outil simple qui existe depuis plus de cent ans mais qui a fait ses preuves. À la fin de chaque journée, on dresse la liste de six tâches qu’on réalisera le lendemain. On classe ces tâches par ordre d’urgence et d’importance. Le lendemain, on s’attaque à la première tâche de sa liste et on ne passe à la suivante que quand on a terminé la première. Si, à la fin de la journée, certaines tâches n’ont pas été réalisées, pas de stress, on les reporte au lendemain.

Anne-Sophie : Pour moi clairement le minimalisme a été une révélation. Il s’agit d’un courant ou disons d’un « mode de vie » qui consiste à vivre avec moins et à se défaire des choses inutiles. Plus je libère de l’espace chez moi plus je fais le ménage dans mon cerveau. C’est d’une efficacité déconcertante. Dès que j’ai un coup de baisse d’énergie ou que je suis dans le brouillard, je m’attaque à une penderie – souvent celle de mon mari, toujours plus simple que de s’attaquer à la mienne (smiley) !

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Pour les mamans au bord du burn-out qui redoutent le TBDD (« Tunnel bain-dîner-dodo ») après leur journée de boulot, et qui finissent par préférer le lundi au dimanche, que recommandez-vous ?

Anne-Sophie : L’apéro ? ahah…

Fanny : Plus sérieusement, même si cela paraît contradictoire lorsqu’on passe notre quotidien à courir, la clef c’est vraiment de se dégager du temps pour soi. On entend par « pour soi » non pas un temps pour gérer les tâches administratives, le ménage ou autres joyeusetés du quotidien. Mais une activité 100% plaisir qui boostera nos hormones du bonheur. Cela peut être une activité défouloir, la méditation, de l’art therapy. L’idée étant de se libérer de toute frustration. Ainsi on sera plus détendue quand on retrouvera les siens, moins sous pression et à cran.

Anne-Sophie : Mais trêve de plaisanteries, on est aussi de ferventes adeptes de l’apéro défouloir entre copines. Ce petit moment où l’on va rire de nos déboires sans se juger, comme la fois où votre fils aura hurlé dans le rayon du supermarché « on ne vient que pour acheter ta bouteille de vin maman ? » et que votre instinct de survie vous fera répondre « non, pour t’acheter des Kinder aussi ». On vit toutes ce genre de moments de solitude. Se retrouver, échanger et en rire, c’est le meilleur moyen pour dédramatiser. Comme le dit Florence Servan Schreiber : « Une amie est une couverture de survie, une bonbonne d’oxygène ».

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On rêve toute d’éducation positive sans larmes ni cris, mais parfois c’est nous qui hurlons sur nos enfants ou qui pleurons lorsque le petit dernier vomit une fois de plus sur la belle écharpe en cachemire. Comment fait-on pour gérer toutes ces émotions, celles de nos enfants et les nôtres ?

Fanny :  Dans la mesure où avec Anne-Sophie nous avons, à nous deux, 4 enfants en bas âges, on est très sensibilisées au sujet de la « gestion des crises et des émotions ». Dans le livre, on propose un petit rituel très pratique qu’Alice, notre héroïne, met en place dès la rentrée de septembre, qui s’appelle « la météo intérieure ». L’idée, c’est qu’on fasse un tour de table en famille et que chacun dise dans quelle « mood » il est (un soleil si j’ai la pêche, un orage si je suis sur les nerfs, un nuage avec de la pluie si j’ai besoin de réconfort…). Cela permet de se confier sur nos émotions, de mettre des mots dessus, et une meilleure « communication interne ».

Anne-Sophie : On a aussi imaginé un petit rituel « Fuck-it » à pratiquer dès qu’on se retrouve au bord de la crise de nerfs ou dans n’importe quelle situation épineuse. C’est un exercice inspiré de l’Intensati, une méthode de méditation active qui mêle mouvements de yoga, de danse et d’arts martiaux avec des pensées et des affirmations positives. L’idée c’est d’adopter une posture de pouvoir (musique à fond de préférence) : on met nos mains sur nos hanches, on bombe fièrement le torse et on répète une rengaine Fuck-it : « Je fais comme je peux et c’est déjà énorme – Je fais comme je peux et c’est déjà énorme – Je fais comme je peux et c’est déjà énorme ! »

Que peut-on conseiller à une maman qui est tiraillée entre un travail qu’elle aime et ses enfants qui lui demandent (au moins) autant de temps et d’énergie…

Juste de ne pas s’oublier et de ne pas hésiter à mettre sa cape de super-héroïne au placard ! Nous les femmes on a tendance à imaginer qu’on peut être sur tous les fronts : maman, working girl, épouse, sœur, copine, GO (grincheuse organisatrice), taxi, infirmière, mouchoir géant… Et à s’auto-flageller lorsqu’on n’y parvient pas. On s’ajoute des contraintes, des lignes à nos to-do lists au risque de nous noyer ! Faire un pas de côté, réfléchir à ce qui génère vraiment du plaisir dans nos vies, stopper cette course à la performance, nous accepter en parfaitement imparfaites. En bref, essayer d’être plus bienveillante avec nous-mêmes et l’écrire sur un post-it si on a tendance à l’oublier.

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Et pour rester une femme, un couple dans tout ça ? 

Fanny : L’un des thèmes du livre qu’il nous a tenu à cœur de traiter c’est en effet le rapport d’Alice, notre héroïne, avec sa féminité, son couple, son corps. Toutes les certitudes qu’elle avait ont été balayées avec l’arrivée de ses jumelles. Elle peine à retrouver son équilibre, à ne pas se sentir qu’une maman !

Pour nous l’écriture est une vraie thérapie en soi, c’est pourquoi Alice décide d’écrire une lettre à son corps, en mettant des mots sur ses maux. Cela l’allège de coucher sur le papier toutes les émotions qu’elle traverse. Et c’est aussi, entre autres, par ce biais-là qu’elle va parvenir à retrouver la complicité dans son couple.

Dans ce livre les femmes se soutiennent, s’entraident et partagent beaucoup : finalement, c’est ça le plus important ? 

Anne-Sophie : Sans aucun doute. C’est même le message clef de notre roman ! C’est avant tout un livre sur la solidarité féminine. Échanger, s’entraider, libérer la parole des femmes, c’est essentiel dans ce quotidien parfois un peu rude.

Pour lâcher la pression notre héroïne organise par exemple un week-end filles « anti-kids friendly » : elles partent dans une maison d’architecte avec escalier naturellement raide et en béton. Une piscine à débordement non sécurisée. Bref un week-end défouloir pour lâcher prise…

Notre héroïne décide aussi de monter un groupe de parole où les femmes échangent sur leurs tracas du quotidien. À chaque fin de séance, elles écrivent leurs soucis sur un papier et le brûlent en chantant « This Girl is on fire » d’Alicia Keys. Mais elles échangent aussi sur leurs petites victoires du quotidien ! Parce que c’est aussi une histoire de femmes qui osent, mais on ne voudrait pas vous spoiler

Echange

Balance ta cape, Anne-Sophie et Fanny Lesage, Solar éditions. Illustrations : Léna Piroux. 

Anne-Sophie et Fanny sont aussi les fondatrices de Holi Me, la newsletter feel good pour booster son quotidien.