J’ai testé le rebozo, un rituel holistique pour l’après grossesse

Dans la tradition mexicaine, les jeunes mamans étaient encouragées à rester couchées pendant 40 jours après l’accouchement : une parenthèse précieuse dédiée au repos et à la rencontre avec leur bébé, après laquelle elles se relevaient pour reprendre le cours de leur vie. C’est lors de cette période de transition parfois délicate que le rebozo leur était prodigué, un rituel ancestral qui vise à se recentrer et se reconnecter à son corps grâce à des mouvements de serrage du corps et un massage à 4 mains. J’ai eu la chance de découvrir ce soin particulier à l’institut Mamans & Merveilles (Paris, IXe) quelques mois après la naissance de mon premier enfant.

 

Lorsque l’on attend son premier enfant, on découvre beaucoup de choses sur soi-même. Moi qui étais peu cliente de massages et soins en instituts, jamais je n’aurais imaginé rêver d’un soin comme le rebozo. J’ai découvert ce mot sur la carte de soins de l’Institut Mamans & Merveilles et souhaité en savoir plus. Anouk Safrano, la créatrice de ce lieu dédié aux futures et jeunes mamans, m’a proposé de le tester. Le jour de notre rendez-vous, l’institut est privatisé, rien que pour moi : le soin dure 2h30 en moyenne et mobilise deux praticiennes. Anne, accompagnante à la naissance (une autre formule pour dire « doula »), assistera donc Anouk pour me faire découvrir le rituel du rebozo. 

Un objet et un soin

« Rebozo », est le nom d’un châle mexicain très utilisé par les femmes pendant et après la grossesse. Juste avant notre séance, Anouk me montre celui qu’elle va utiliser tout au long du soin. Elle m’explique que son tissage particulier le rend à la fois très solide et extensible à volonté pour s’adapter à la forme du corps : c’est pour cela que depuis des siècles les sages-femmes l’utilisent pour pratiquer le serrage du bassin après la naissance. J’avais entendu parler de ce geste avant mon accouchement sans vraiment comprendre de quoi il retournait : j’ai compris ensuite à quel point ce mouvement de resserrage était agréable, pour retrouver une sensation de maintien et d’équilibre de son corps que l’on perd un peu après une grossesse.

Un rituel de passage

J’ai donc été très séduite par la description du soin rebozo. Non seulement j’espérais retrouver ma silhouette d’avant la grossesse (on gagne en moyenne entre 1 cm et 1,5 cm de tour de hanche après l’accouchement !), mais surtout la promesse de 2h30 de lâcher-prise pour reprendre conscience des contours de mon corps et profiter d’un regain de vitalité me parlait au plus haut point. Ma fille avait 4 mois, je venais de reprendre le travail et je me sentais tiraillée entre l’envie de rester cocooner à la maison avec elle et celle de retrouver une vie professionnelle aussi active, enrichissante et épanouie qu’avant… Le rebozo est précisément destiné à accompagner cette période de transition, m’a expliqué Anouk. Dans un message que j’ai reçu quelques jours avant mon rendez-vous, elle écrit : « Le rebozo est un temps pour soi, c’est aussi un voyage vers soi. S’offrir un soin rebozo c’est se donner l’opportunité d’ouvrir une fenêtre sur notre vie de femme, de commencer un nouveau chapitre de notre histoire. » 

Un cérémonial entre femmes

J’ai vite compris que le rebozo se différenciait de n’importe quel autre soin par sa dimension holistique : il n’est pas dispensé par une masseuse pour une cliente, mais offert par deux femmes à une autre femme, « un peu comme un adoubement », me dit Anouk. Ce n’est pas seulement un divin massage à 4 mains (vraiment divin, les gestes sont désynchronisés pour redoubler votre plaisir…), c’est un moment de partage entièrement tourné vers une intention que l’on confie à ses deux « marraines » au début de la séance. J’ai assimilé cela à une sorte de méditation pour moi-même, et j’ai aimé ce petit cadeau que je me faisais ; j’ai aussi tout de suite pensé qu’il valait mieux être adepte de ce type d’expériences (techniques de lâcher-prise, spiritualités, méditation, sophrologie, yoga, etc.) pour apprécier le rebozo… Il faut aussi être prête à s’en remettre complètement aux deux femmes qui vous guident durant ces 2h30 que l’on passe quasiment nue : la lenteur et la longueur du soin créent une intimité particulière, très agréable si l’on accepte de se laisser aller.

Se faire envelopper de chaleur

Massage aux huiles essentielles, bain de vapeur aux plantes et enserrage du corps sont les trois étapes principales du soin rebozo. Ces différents rituels se déroulent sur la table de massage et dans une tente-spa vapeur installée dans la cabine ; elles visent à faire monter la température du corps pour éliminer les toxines et créer un cocon de chaleur humide favorisant la relaxation complète. L’infusion délicieuse (cannelle, gingembre, romarin, miel) offerte au début de la séance y contribue aussi.

Le fait d’être massée puis enserrée procure une vraie sensation de bien-être : on a l’impression de reconnaître et de se réapproprier son corps, on se sent comme bercée et cajolée comme un bébé en se fiant uniquement aux gestes et à la voix de nos deux bienfaitrices qui nous guident dans les différentes étapes du soin. Le serrage est un moment particulier où l’on redevient active, il se fait avec le rebozo sur 7 points du corps (tête, épaules, ventre, bassin, cuisses, genoux, pieds). Les praticiennes, placées de part et d’autre de la table, enroulent le châle et tirent chacune de leur côté : à nous de donner le signal lorsque le serrage est suffisant. Elles maintiennent alors la pression quelques secondes puis relâchent leur étreinte petit à petit.  C’est un geste surprenant, très agréable au niveau du crâne, du bassin et des cuisses, parfois douloureux si l’on va trop loin au niveau des épaules ou du ventre.

Mon bilan

Je suis ressortie de ce soin avec les bénéfices d’un massage multipliés par deux : le corps et l’esprit apaisés, le mental rasséréné et rassuré, comme si cette drôle de parenthèse m’avait aidée à retrouver confiance en moi et à me sentir prête à assumer mes nouvelles responsabilités de maman. J’ai apprécié le lien qui s’est tissé entre Anouk, Anne et moi dès le début de la séance et je les remercie pour leur écoute et leur bienveillance.

Anouk Safrano, professionnelle du massage, fondatrice de l’Institut Mamans & Merveilles et Anne, accompagnante à la naissance, fondatrice de Naissanciel, ont été formées au soin rebozo par Laurence Kerbah, qui l’a elle-même reçu d’une sage-femme mexicaine.
Le rebozo peut être pratiqué à l’Institut Mamans & Merveilles sur rendez-vous. 

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