L’intelligence artificielle s’est désormais installée partout : au travail, dans notre quotidien et jusque dans les devoirs de nos enfants. Rédiger un texte, construire un plan, réviser un contrôle : en quelques secondes, elle semble pouvoir tout faire. Faut-il s’en inquiéter ? L’interdire ? Apprendre à vivre avec ? Mais comment ? Comme souvent avec les innovations numériques, l’idée n’est pas de diaboliser ces outils, mais de les comprendre, de les apprivoiser intelligemment, pour mieux accompagner nos enfants. Anne-Claire de Pracomtal, cofondatrice d’IAMSTRONG, nous partage son avis et ses conseils sur le sujet.
L’IA, déjà bien installée dans leur quotidien
Aujourd’hui, la majorité des adolescents a déjà utilisé une IA comme ChatGPT. Ils s’en servent surtout pour aller vite dans leur travail scolaire : trouver une idée, reformuler une phrase, corriger, comprendre un cours.
Ce qui les séduit ? La rapidité, la simplicité, et le fait d’avoir une réponse immédiate, le plus souvent pertinente, et sans effort. Avouons-le, c’est ce qui nous séduit nous aussi.
Mais derrière cet usage très pratique et efficace, il y a une autre réalité : les ados utilisent souvent l’IA sans prendre le temps de réfléchir ou de produire un effort. Peu à peu, cela peut donc freiner le développement de compétences cognitives essentielles comme la réflexion, la mémorisation ou la capacité à structurer sa pensée.
Un impact réel sur leur façon de travailler
L’IA transforme en profondeur la manière d’apprendre.
Ce qu’elle peut apporter :
Bien utilisée, elle peut être un vrai soutien pour :
- comprendre un concept difficile avec des explications adaptées ;
- trouver des idées de sujets pour un exposé ;
- stimuler la créativité ;
- structurer un devoir ou organiser des idées ;
- s’entraîner avant un contrôle ou un oral ;
- corriger des fautes et améliorer un texte.
Pour certains adolescents, c’est même un vrai levier de confiance : ils osent poser des questions qu’ils n’auraient pas posées en classe !
Les points de vigilance dans l’usage de l’IA
Mais, comme toute innovation, tout progrès, il existe des dérives.
Le premier risque, c’est la passivité ! Si l’IA pense, rédige et organise à leur place, pourquoi faire l’effort ?
Le second, c’est la perte d’esprit critique.
Beaucoup d’ados prennent les réponses comme argent comptant sans les vérifier, ni les comprendre.
Enfin, il faut faire attention à ne pas confondre aide et triche… Sensibilisez donc votre enfant à cette limite entre s’inspirer et déléguer entièrement son travail.
C’est sur ces points qu’il faut insister en tant que parent. Utiliser l’IA, oui – mais en gardant en tête qu’elle peut se tromper, proposer des réponses approximatives ou superficielles. L’idée est d’apprendre aux jeunes à s’en servir comme d’un outil, sans jamais renoncer à réfléchir par eux-mêmes.
Comment en parler sans passer pour un parent dépassé ?
Comme pour les écrans, l’interdiction pure et simple fonctionne rarement. Elle risque même d’être contreproductive et de renforcer l’usage en cachette. L’idéal est d’en parler ouvertement, avec curiosité. Pas besoin d’être expert en IA pour cela.
Quelques questions simples peuvent être posées :
- « Pourquoi tu l’as utilisée ? »
- « Tu penses que la réponse est fiable ? »
- « Tu avais une idée avant de demander ? »
- « Qu’est-ce que ça t’a appris ? »
- « Peux-tu lui poser la question autrement pour vérifier ? »
Ces échanges permettent à l’adolescent de prendre du recul et de conserver son esprit critique.
Poser un cadre clair et rassurant
Les adolescents ont besoin de repères. Pas pour les brider, mais pour les aider à bien utiliser ces outils.
Quelques conseils simples à lui partager :
- utilise d’abord tes propres ressources (cours, manuels, notes) ;
- formule ta question à l’IA comme si tu t’adressais à un coach à qui tu dois t’expliquer clairement et avec précision ;
- essaye d’abord par toi-même avant de demander de l’aide ;
- ne te contente jamais de la première réponse et challenge-la ;
- demande à l’IA de t’expliquer le raisonnement, pas juste la réponse.
- vérifie les informations importantes ;
- alterne entre travail avec et sans IA.
L’idée n’est pas d’être parfait, mais de rester actif dans son apprentissage.
Un enjeu éducatif plus large
Au fond, l’IA pose une question essentielle : comment apprendre à penser dans un monde où tout peut être généré instantanément ?
L’adolescence est une période clé pour développer :
- la capacité à raisonner, écrire, rédiger, comprendre ;
- l’autonomie ;
- l’esprit critique.
Des compétences que l’IA ne remplacera jamais. C’est aussi l’occasion d’aborder d’autres sujets importants comme : la protection des données (tout ce qu’on tape dans une IA est stocké et analysé), ou encore l’impact écologique pour ceux – nombreux – qui y sont sensibles. N’oublions pas que chaque question posée à l’IA a un coût carbone important.
En conclusion
L’IA n’est ni une menace absolue, ni une solution miracle. C’est un outil puissant, qui révolutionne notre manière de travailler et qui peut nous rendre beaucoup plus performant et efficace… À condition qu’on l’utilise intelligemment, qu’on prenne le temps de réfléchir, de questionner, de juger.
Le rôle des parents n’est pas de tout contrôler, mais de s’intéresser, de faire réfléchir et d’accompagner. Car au-delà de la technologie, l’essentiel reste là : aider nos adolescents à grandir dans notre monde, à penser par eux-mêmes, à développer de nouvelles compétences et à prendre confiance en leurs propres capacités.
Si vous souhaitez aider votre ado à développer son potentiel, IAMSTRONG a pensé à tout ! Leurs psychologues et leurs coachs spécialisés proposent un suivi régulier en visio et des activités en ligne pour aider les jeunes à prendre confiance en eux, à dépasser leurs difficultés et s’épanouir.
Rendez-vous sur leur site : www.iamstrong.co.
Crédit photo : Kateryna Hliznitsova-unsplash

