Surimi-confiture et chips au vinaigre à 2h du mat : la science des envies de grossesse

Les envies alimentaires pendant la grossesse fascinent depuis toujours. Elles alimentent les blagues de beau-père, les anecdotes de vestiaire, les forums entre futures mamans. Et derrière le folklore, il y a une réalité biologique que les chercheurs commencent à déchiffrer  mais ce n’est pas ce qui nous intéresse ici. Ce qui nous intéresse, c’est le vrai inventaire. Celui que personne ne publie officiellement.

Fringales : ce que le cerveau réclame, le ventre l’exige

Les envies toucheraient entre 50 et 90 % des femmes enceintes selon les études, avec des pics au premier trimestre. L’œstrogène et la progestérone modifient la perception des goûts et des odeurs de façon spectaculaire. Ce que l’on trouvait ordinaire devient irrésistible. Ce que l’on adorait peut, du jour au lendemain, déclencher une nausée violente. Le corps qui fabrique un humain ne fait pas les choses à moitié.

Anna, 24 ans habite à Rouen et se souvient encore du mois de janvier 2022.

“J’étais enceinte de quatre mois et j’avais une envie de fraise qui me rendait folle et c’était le mois de janvier. Mon compagnon a fait quatre supermarchés un dimanche soir, il a fini par en trouver des espagnoles à 6,90 euros les 250 grammes. Je les ai mangées entières debout dans le couloir avant même d’avoir retiré mon manteau. Deux semaines plus tard, je ne supportais plus l’odeur des fraises. L’autre chose, c’était les chips au vinaigre avec du fromage blanc.”

Le grand inventaire : ce que les femmes enceintes mangent 

Les classiques, d’abord. Ceux que tout le monde cite, ceux qui ont forgé le mythe : cornichons à toute heure et dans tous les formats, glaces au chocolat dès 10h du matin, citron mordу comme une pomme, fromages forts, plus c’est piquant mieux c’est.

Les combinaisons qui font lever un sourcil : frites trempées dans du yaourt nature, pizza froide avec du miel, sardines à l’huile sur pain brioché, clémentines saupoudrées de sel, ketchup sur les pâtes au beurre sans aucun remords.

Les obsessions de niche, celles dont personne ne parle mais que toutes les femmes enceintes se chuchotent : l’eau très froide avec des glaçons même en décembre, les biscottes beurrées à 3h du matin, les chips de crevettes achetées en sac industriel, le lait concentré sucré à la cuillère, les olives vertes farcies aux poivrons  (uniquement la marque du supermarché discount, pas les artisanales, non).

Notre top 10 :

 

  • Cornichons
  • Fraises en janvier
  • Citron nature
  • Glace pilée
  • Ketchup sur pâtes au beurre
  • Sardines sur pain brioché
  • Mayo sur pizza froide
  • Lait concentré sucré
  • Chips vinaigre / fromage blanc
  • Cornichon dans le Nutella

 

Amélie, 29 ans, sage-femme à Bordeaux, a vécu sa grossesse avec un niveau de lucidité professionnelle qu’elle qualifie elle-même de “totalement inutile”.

“Je savais exactement ce qui se passait neurologiquement. Ça ne m’a pas empêchée de réveiller mon mari trois nuits de suite pour qu’il aille acheter des Pépito. Je lui avais même envoyé une photo du paquet pour qu’il ne se trompe pas.”

Le réfrigérateur n’a qu’à bien se tenir.

Crédit photo : Abdul Rahem