Flash-back 2006 : les mamans, vous vous souvenez de cette vie-là ?

Posez deux minutes votre tasse de café tiède, oubliez le panier de linge sale qui déborde et le groupe WhatsApp des parents d’élèves qui s’affole pour la sortie piscine. Respirez un grand coup. Fermez les yeux. On remonte le temps, direction l’année 2006. À cette époque, le mot « biberon » n’existait pas dans votre vocabulaire, vous ignoriez la sensation d’une nuit coupée en quatre et votre seule véritable source d’anxiété au réveil était de savoir si votre lisseur allait réussir à dompter votre frange Emo. Un monde où l’on avait le temps de rire, d’attendre et d’exister pour soi. Venez, je vous emmène faire un tour dans vos vingt ans.

Le rituel du samedi après-midi et la torture du fer à lisser

Souvenez-vous de l’odeur caractéristique de la corne brûlée dans la salle de bain parental : le fer à lisser chauffé à 230 degrés pour plaquer désespérément cette fameuse mèche effilée qui devait vous cacher rigoureusement l’œil gauche. Vous repassez dans votre chambre d’ado, moquette au sol et posters géants de la Nouvelle Star fraîchement découpés dans Fan2, Star Club ou Podium et scotchés au mur. L’ordinateur familial démarre dans un vacarme de turbine d’avion. Vous attendez le son magique de connexion MSN Messenger, prête à dégainer un « wizz » d’une agressivité rare pour capter l’attention de votre crush. Votre téléphone clapet ou coulissant Nokia vibre sur la couette : vous venez de recevoir un SMS de 160 caractères maximum, écrit dans un langage cryptique à base de « koi 2 9 », « stp » et « mdr », tout en mettant à jour votre Skyblog avec une photo prise d’en haut, le regard ténébreux et le bras tendu.

Du drame de la Coupe du Monde aux déhanchés sur la piste de danse

Rappelez-vous la chaleur étouffante de cet été 2006. La France entière est réunie dans le salon, les paquets de chips ouvertes sur la table basse, le cœur au bord des lèvres devant la finale de la Coupe du Monde de football. Et puis, l’incompréhension totale : le coup de tête historique de Zinédine Zidane, la défaite aux tirs au but contre l’Italie, le silence de plomb qui s’installe dans la pièce et le drame national qui se joue sous vos yeux sur l’écran cathodique. Pour surmonter le choc, rien de tel qu’une soirée entre copines. Vous enfilez votre tout premier pantalon slim une révolution qui vous coupe la circulation du sang après des années de baggy géant et vous montez en voiture. Dans l’autoradio, c’est le grand écart émotionnel : on hurle à s’en casser la voix sur La Boulette de Diam’s et SOS de Rihanna, on joue les divas torturées sur Back to Black d’Amy Winehouse, avant de finir par chanter en chœur les paroles absurdes de Fatal Bazooka ou le refrain obsédant du Papa Pingouin de Pigloo. Au bar du coin, entre deux verres, vous observez avec fascination la naissance de la Tecktonik, cette danse électro venue tout droit des Skyblogs qui commence à envahir les pistes de danse.

La magie des dimanches et l’illusion du temps infini

Mais ce qui frappe le plus en repensant à 2006, ce sont toutes ces petites habitudes gravées dans nos mémoires. Le soir à 20h10 précises, la terre s’arrêtait de tourner parce qu’il fallait être scotchée devant son poste pour regarder Plus belle la vie, qui s’installait définitivement dans le quotidien des Français sans aucune possibilité de replay. Le dimanche, on rassemblait la bande dans le salon pour tester les consoles de nouvelle génération et disputer des parties frénétiques sur la toute nouvelle Nintendo Wii, la manette bien attachée au poignet. En cette même année, les plus curieux assistaient au lancement de Twitter ou au débarquement de la PlayStation 3 dans les magasins. On ne connaissait ni les algorithmes ni la pression des réseaux sociaux actuels. On avait simplement le temps de vivre, de rire et de créer des souvenirs qui nous font encore sourire vingt ans plus tard.

Crédit photo : Gossip Girl