Les 5 blessures de l’enfance qui sabotent votre leadership

Dans le boulot, on peut diriger, décider, avancer… et pourtant se sentir parfois débordée par certaines situations professionnelles. Une remarque, une tension, un désaccord, et quelque chose nous échappe. Dans cet article, Elyane C., fondatrice de Emotions.co, cabinet d’intelligence émotionnelle et de leadership féminin, explore avec justesse la manière dont nos blessures d’enfance peuvent influencer, souvent à notre insu, notre posture de leader.
Le leadership, au sens le plus simple, c’est la capacité à guider, à poser un cadre et à entraîner les autres avec soi — pas par autorité, mais par cohérence et confiance. Une lecture éclairante pour cheminer vers un leadership plus apaisé et plus juste. 

Vous dirigez une équipe. Vous prenez des décisions. Vous portez des responsabilités.  Mais parfois, sans comprendre pourquoi, vous réagissez de manière disproportionnée. Un collaborateur arrive en retard. Vous le prenez personnellement. Quelqu’un remet en question votre choix. Vous vous justifiez pendant 10 minutes. Votre équipe ne suit pas vos directives. Vous vous épuisez à tout contrôler.

Ce ne sont pas des problèmes de management. Ce sont vos blessures d’enfance qui s’invitent dans votre leadership. Et elles sabotent votre autorité sans que vous le réalisiez.

 

1. La blessure de rejet : l’insaisissable

Vous sur-adaptez en permanence. Vous changez votre discours selon qui est en face. Vous ne prenez jamais de position tranchée par peur d’être mise à l’écart.

Vous êtes d’accord avec tout le monde. Vous ne voulez froisser personne. Vous vous adaptez tellement que vous vous perdez.

Résultat : personne ne sait vraiment qui vous êtes. On vous trouve floue. Insaisissable. Impossible à cerner. Et une leader qu’on ne peut pas cerner, c’est une leader qu’on ne peut pas suivre.

Votre équipe ne vous fait pas confiance. Non pas parce que vous êtes incompétente. Mais parce que vous ne montrez jamais qui vous êtes vraiment.

2. La blessure d’abandon : l’indispensable épuisée

Vous sur-investissez vos relations professionnelles. Vous êtes celle qui fait tout pour l’équipe. Vous ne déléguez rien par peur qu’on vous quitte si vous n’êtes plus indispensable.

Vous portez tout. Vous gérez tout. Vous vous assurez que personne ne manque de rien. Parce qu’au fond, vous avez peur que si vous n’êtes plus “celle qui fait tout”, on n’aura plus besoin de vous.

Résultat : vous vous épuisez. Vous créez de la dépendance. Votre équipe ne grandit pas. Elle reste infantilisée parce que vous ne lui laissez jamais vraiment d’autonomie.

Et vous. Vous ne pouvez jamais prendre de vacances. Jamais lâcher. Parce que “sans vous, rien ne tient”.

3. La blessure d’humiliation : celle qui dit toujours oui

Vous vous écrasez dès qu’il y a tension. Vous acceptez l’inacceptable. Vous dites oui quand tout en vous hurle non.

Parce que dire non, pour vous, c’est risquer d’être rabaissée. Humiliée. Ridiculisée.

Vous avalez les remarques déplacées. Vous acceptez qu’on vous parle mal. Vous ne défendez pas vos limites. Vous laissez passer ce qui ne devrait pas passer.

Résultat : on vous marche dessus. On ne vous respecte pas. Votre équipe sent votre fragilité. Et elle en profite. Pas par méchanceté. Mais parce que vous ne posez jamais de cadre clair.

Et vous. Vous accumulez la frustration. Jusqu’au jour où vous explosez. De manière disproportionnée. Sur un détail. Parce que le vase a débordé.

4. La blessure de trahison : la contrôleuse

Vous contrôlez tout. Vous vérifiez chaque détail. Vous ne faites confiance à personne parce que vous avez appris que les autres finissent toujours par vous décevoir.

Vous micromanagez. Vous redemandez trois fois. Vous refaites le travail vous-même “pour être sûre”. Vous ne déléguez que ce qui n’a aucun enjeu.

Parce qu’au fond, vous ne croyez pas qu’on puisse faire les choses aussi bien que vous. Et surtout, vous ne croyez pas qu’on ne vous trahira pas.

Résultat : votre équipe se sent étouffée. Elle n’ose plus prendre d’initiative. Elle attend vos instructions pour tout. Elle ne grandit jamais. Et vous devenez le goulot d’étranglement de toute l’organisation.

5. La blessure d’injustice : la perfectionniste rigide

Vous êtes rigide. Perfectionniste. Exigeante. Vous attendez des autres ce que vous vous imposez à vous-même.

Vous ne comprenez pas pourquoi ils ne travaillent pas comme vous. Pourquoi ils ne donnent pas 110%. Pourquoi ils ont besoin de pauses. Pourquoi ils ne sont pas aussi investis.

Vous jugez. Vous critiquez. Vous trouvez toujours ce qui manque. Jamais ce qui est là.

Résultat : vous créez une pression insoutenable. Vous passez pour froide. Insensible. Inhumaine. Votre équipe ne se sent jamais assez bien. Elle marche sur des œufs. Elle perd toute créativité.

Et vous. Vous ne comprenez pas pourquoi personne ne reste. Pourquoi il y a du turnover. Pourquoi l’ambiance est si lourde.

Ce qui change quand vous guérissez

Ces blessures ne disparaissent pas avec de la volonté. Elles ne se résolvent pas avec des techniques de management. Avec des formations sur le leadership.

Elles se guérissent. En profondeur.

Quand vous identifiez quelle blessure dirige votre leadership, tout change.

Vous arrêtez de sur-contrôler parce que vous avez guéri la trahison. Vous arrêtez de vous écraser parce que vous avez guéri l’humiliation. Vous arrêtez de tout porter parce que vous avez guéri l’abandon.

Votre leadership devient naturel. Stable. Authentique. Parce qu’il ne compense plus une blessure d’enfance.

Vos décisions deviennent claires. Vos limites deviennent fermes. Votre présence devient confiante. Non pas parce que vous avez appris des techniques. Mais parce que vous avez transformé votre état intérieur.

Crédit photo : Denys Nevozhai sur Unsplash