Mères indignes ? Ce que l’on n’ose pas avouer…

On a beau les aimer de toutes nos forces, parfois, on se prend à vouloir retrouver la tranquillité du bureau dès le dimanche matin… On redoute secrètement le mercredi après-midi, organiser l’élection de miss Barbie nous rebute et donner le bain devient pour certaines la tannée du soir…  Tour d’horizon de ce qui fait de nous des mamans imparfaites, et c’est tant mieux.

 

J’appréhende le mercredi après-midi
Se plier en quatre (au sens littéral) pour faire le cheval, coller des gommettes pendant plusieurs heures en guise d’activité manuelle, courir les musées adaptés aux tout-petits, enchaîner les ateliers peinture et pâte à sel à la maison, ou préparer des cookies moelleux tous les mercredis après-midi peut vite virer à l’angoisse hebdomadaire. Pour beaucoup d’entre nous, cette journée ressemble davantage à une course effrénée entre des dessins animés pour réussir à boucler quelques dossiers de boulot, le goûter (pas toujours équilibré, mais encore faut-il avoir eu le temps de faire les courses), et une balade au parc pour qu’il se défoule un peu (et nous aussi). Peu importe, le soir venu, il est juste content d’avoir passé du temps avec sa maman. Et de recommencer le même programme le mercredi d’après.

La parade : trouver l’activité qui vous plaît autant qu’à lui, que ce soit une séance de cinéma pour les cinéphiles en herbe ou une virée dans la meilleure boulangerie de votre quartier pour savourer un goûter à deux, et surtout pas fait maison !

 

Je n’aime pas lui donner le bain
Autre rituel susceptible de provoquer une légère appréhension: le bain. S’il peut être vécu comme un réel moment de partage et de complicité avec son enfant, il peut tout aussi bien devenir un événement redouté pour certaines. Il faut dire que le soir, l’énergie (pour ne pas dire l’excitation) de votre enfant atteint son paroxysme, et qu’il a vite fait de transformer la salle de bain en une piscine géante où les canards, baleines et autres tortues se plaisent à flotter, vous laissant trempée… Et épuisée. Sans compter ceux qui se mettent à hurler dès qu’on les déshabille ou ceux qui refusent de sortir de l’eau quand vient l’heure du dîner… On a beau chanter des chansons, faire diversion pendant qu’on les shampouine de la tête aux pieds, mais au final l’expérience s’apparente davantage à une séance de sport douloureuse qu’aux bébés nageurs.

La parade : la bonne nouvelle ? Vous avez un joker. Une fois par semaine (ou deux, ou trois…) décrétez que la toilette de chat suffit, personne ne vous en voudra, surtout pas vos enfants.

 

J’ai besoin de moments sans eux
Les moments pour soi lorsqu’on est maman se font nécessairement plus rares. Et de temps en temps, on troque volontiers le programme parc, ciné, goûter pour une virée shopping, balade en amoureux et apéro entre copines. Avouons-le, on rêve même souvent de s’envoler rien qu’à deux sur une île déserte où les enfants n’existent pas… Est-ce que cela fait pour autant de nous des mauvaises mères? Bien au contraire, on le sait, un enfant est heureux si ses parents le sont. Pas question donc de lésiner sur ce qui nous fait du bien et nous épanouit. Pas d’hésitation à les laisser aux grands-parents ou à leurs parrains et marraines pour un week-end en amoureux ou entre amis, ou tout simplement pour s’accorder une grasse matinée… Ils ne s’ennuieront pas sans vous, et de votre côté, vous serez aussi heureuse de prendre le large que de rentrer les retrouver. Vous aurez tout gagné lorsque vous aurez réussi à faire taire (un peu) cette petite voix culpabilisante au fond de vous, et à accepter qu’il n’existe pas de mère parfaite, mais juste celle que vous voulez être.

La parade : une fois par semaine, et pas forcément le soir, fixez un créneau de deux heures rien que pour vous, faites garder vos enfants pour faire du sport, voir des amis, sortir à deux, vous consacrer à un projet perso… Vous reviendrez l’esprit plus disponible pour la séance de gommettes et de coloriages.

Tiphaine Lévy-Frébault

 

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