Fondatrice de la méthode Ocean Therapy et coach sportive, Laure Veski puise sa force et son équilibre dans l’élément aquatique. Pour la naissance de son fils, elle a transformé la salle de travail en une véritable traversée sensorielle, portée par sa passion pour le surf. Entre les contractions visualisées comme des vagues infinies, elle a utilisé ses techniques de yoga et de respiration pour rester sereinement connectée à son bébé. Bercée par la lecture d’un journal de bord maritime pendant le travail, elle a vécu un accouchement tout en douceur, sans aucune déchirure. Cette experte du bien-être nous livre ici le journal de bord intime de sa rencontre avec son « petit être d’eau ». Une immersion inspirante au cœur d’une maternité profondément rythmée par la magie des marées.
Le récit heure par heure de l’accouchement – Laure Veski
15 avril
19h30 : Fin d’une balade d’une heure et demie au Pays Basque avec mon conjoint. Nous avons multiplié les montées et les descentes avec un pas vif pour motiver le bébé à venir, car mon fils aîné est en vacances chez ses grands-parents et nous voulions profiter de ce moment à trois avant son retour.
21h00 : De retour à la maison, en m’installant sur le canapé, je ressens un gros coup de barre suivi d’un choc, comme si un ballon de baudruche éclatait dans mon ventre. C’est la rupture de la poche des eaux. Je cours immédiatement vers la salle de bain pour protéger le canapé et le tapis blancs.
21h30 : Préparation dans l’excitation totale. Nous faisons des petites danses avec mon conjoint en réalisant que nous allons bientôt rencontrer notre fils. Je prends une douche, je me prépare et je termine de boucler ma valise.
22h00 : Arrivée à la maternité où l’accueil est excellent. Cependant, l’examen montre que mon col est encore long à céder et n’est ouvert qu’à 1. On nous installe en chambre pour la nuit en nous conseillant de nous reposer, car le travail risque d’être long.
16 avril
02h00 : Les contractions sont déjà très intenses. Forte de mon expérience lors de ma première grossesse, j’essaie de ne pas faire de nuit blanche. Je reste allongée, je respire et je souffle profondément à chaque contraction pour essayer de grappiller quelques instants de repos.
07h00 : Examen du col pour le contrôle matinal. L’ouverture est à 1,5. Comme la poche des eaux est rompue depuis plus de 12 heures, on me pose une perfusion d’antibiotiques par précaution contre les infections. Je réalise que les contractions sans la protection de la poche des eaux sont nettement plus douloureuses que lors de mon premier accouchement.
09h00 : Le plateau du petit-déjeuner arrive en chambre avec des œufs, ce que j’espérais, mais le travail devient subitement très puissant, presque violent. Impossible d’avaler quoi que ce soit. Mon conjoint commence à me masser fermement le bas du dos, une technique apprise avec la sage-femme qui me soulage énormément.
10h30 : Le col a progressé rapidement, passant de 1,5 à 4 en une heure et demie. La douleur est telle que je me concentre uniquement sur mes techniques de yoga, notamment la respiration du « fil d’or » et l’émission de sons graves. Je visualise mentalement une vague de surf longue, douce et infinie pour accompagner chaque contraction.
11h00 : Installation en salle nature. La sage-femme, Emma, me prépare un bain. Je reste dans l’eau pendant environ 20 à 30 minutes. C’est un moment de pur bonheur où la douleur s’adoucit instantanément au contact de l’élément aquatique.
12h00 : Sortie du bain pour retourner en salle de travail afin de préparer la péridurale. Le contraste est brutal : sans l’eau pour porter mon corps, les contractions reviennent avec une intensité décuplée.
12h30 : Attente de l’anesthésiste. Ce sont les instants les plus difficiles. Je continue de chanter et de visualiser ma vague. Mon conjoint redouble d’efforts pour me masser le bas du dos en me rappelant sans cesse que nous nous rapprochons de la rencontre.
13h00 : L’anesthésiste arrive. La sage-femme vérifie mon col et m’annonce avec enthousiasme que je suis déjà entre 8 et 8,5 d’ouverture. Elle me félicite d’avoir géré le plus dur sans aide médicale. La péridurale est posée, parfaitement dosée pour atténuer la souffrance tout en me laissant consciente de mes sensations.
14h00 : Phase de calme et de sérénité sous un grand ciel bleu. Mon conjoint s’installe près de la fenêtre et commence à me lire le journal de bord d’un ami traversant l’Atlantique en voilier. Je somnole bercée par ces récits maritimes, tout en sentant physiquement mon bébé descendre et s’engager.
16h00 : Les sensations de pression s’accentuent. Je sens mon bébé s’engager très nettement dans le bassin.
17h00 : L’obstétricien arrive pour le contrôle final. Je choisis de ne pas reprendre de dose d’anesthésie pour être pleinement connectée à l’expulsion. On me guide pour sentir la tête du bébé qui commence à apparaître.
17h15 : La naissance. En seulement trois poussées guidées par Emma et l’obstétricien, le bébé sort. Je l’attrape moi-même sous les bras pour le poser contre moi. C’est un moment magique et d’une puissance incroyable.
17h30 : Début de deux heures de peau à peau. Mon bébé ouvre les yeux, nous découvre, et trouve instinctivement le chemin pour sa première tétée d’accueil. L’accouchement s’est terminé en douceur, sans aucune blessure physique, et je me sens déjà pleine d’énergie.
Pour en savoir plus sur la méthode myoceantherapy, découvrez le site de Laure Veski.

