Il y a deux catégories de parents au restaurant. Ceux qui mangent leur plat froid, debout, en berçant un bébé qui hurle entre les tables. Et ceux qui dînent tranquilles pendant que le leur babille dans sa chaise haute. La bonne nouvelle, c’est qu’on passe de la première à la seconde plus vite qu’on ne croit. Pas grâce à un enfant magiquement plus calme, mais grâce à cinq petits réflexes que les parents aguerris appliquent sans même y penser. Voilà lesquels.
Cinq réflexes simples, testés par des parents qui se sont d’abord bien plantés
Réservez sur l’horloge de bébé, pas sur la vôtre
C’est la bascule que personne ne vous explique. Vous ne mangez plus quand vous avez faim, vous mangez quand votre enfant vient de dormir et qu’il a le ventre plein. Concrètement, 18h30 et pas 20h30. Oui, vous dînez comme les Anglais. Mais vous dînez assis, et c’est tout ce qui compte. Visez aussi le créneau juste après la sieste, jamais celui où il aurait dû s’endormir il y a vingt minutes, parce que là c’est l’émeute garantie.
Téléphonez avant et posez deux questions
Thomas, papa de jumelles, ne réserve jamais sans appeler. Il demande une table près de la sortie et si la chaise haute existe. « Le jour où on m’a dit non pour la chaise haute, j’ai changé de resto. Tenir un bébé sur les genoux pendant que tu manges des spaghettis, c’est non. » La table près de la sortie, c’est son assurance-vie. Quand ça crie, il se lève, fait trois pas dehors, revient. Personne n’a rien entendu. Au passage, choisissez un endroit qui fait déjà du bruit, une brasserie animée plutôt qu’une table feutrée où le moindre couinement résonne comme une alarme.
Allégez le sac au lieu de le remplir
J’ai longtemps surchargé, je partais avec quinze kilos « au cas où ». Erreur. Ce qui sauve un repas tient en trois objets. Un bavoir qui s’attache, parce qu’au resto ils n’en ont jamais. Un jouet planqué depuis quelques jours qu’on ressort uniquement à table, l’effet surprise vous achète dix minutes, et dix minutes au resto c’est énorme. Et la gaufrette qu’il connaît déjà, à grignoter dès qu’il s’impatiente, surtout pas un aliment nouveau à tester un soir où vous êtes coincé. Camille a fini par tout virer sauf ça. « Moins je prévois la catastrophe, moins elle arrive. »
Commandez tout d’un coup, dès qu’on vous tend la carte
La fenêtre de calme d’un bébé, c’est une heure, pas plus. Alors vous ne la gaspillez pas à hésiter entre deux entrées. Vous demandez l’entrée et le plat ensemble, vous prévenez le serveur que vous aimeriez être servis vite, et la plupart du temps il comprend très bien. Vous gagnez vingt minutes précieuses, celles où votre enfant est encore d’humeur à vous laisser tenir une fourchette.
Acceptez de partir avant le café, et lâchez du lest sur l’écran
Le piège, c’est de vouloir la sortie parfaite, dessert et digestif compris. Non. Le jour où vous sentez que ça bascule, vous demandez l’addition et vous filez, sans culpabiliser, sans avoir l’impression d’avoir raté quelque chose. Et si le repas s’éternise vraiment, sortez le téléphone et lancez un dessin animé. Personne ne vous remet de médaille pour avoir tenu sans écran. Le but n’est pas d’être parfait, c’est de ressortir en ayant envie d’y retourner. C’est comme ça que la prochaine fois devient plus facile.
Crédit photo : @Mateo Discardi

