Être enceinte en confinement : comment vivez-vous votre grossesse à huis clos ?

Confinement oblige, c’est une grossesse à huis clos que les futures mamans s’apprêtent à vivre. Comment les femmes enceintes vivent-elles cette période si particulière ? Comment s’organise la préparation à la naissance, notamment quand on sait que le papa risque de ne pas pouvoir être présent ? Où trouver les ressources pour se sentir moins seule et bien accompagnée ? Vous êtes une centaine à avoir répondu à notre appel à témoignage pour nous parler de votre grossesse en période de confinement : un partage d’expérience précieux pour toutes les futures mamans.

Isaure, 31 ans, enceinte de 38 semaines, 1 petit garçon de 2 ans et demi

Confinement : Je suis dans un petit village de Vendée, dans la maison de mes beaux-parents, avec mon fils et mon mari.
Comment vous êtes-vous réorganisée pour votre suivi de grossesse ? J’ai décidé de rester en Vendée pour le confinement. C’était stressant de renoncer à mon obstétricien qui m’a accouché la première fois (césarienne d’urgence à 40 semaines) et à ma maternité (Sainte Félicité à Paris où j’ai été particulièrement choyée la première fois). J’ai contacté l’hôpital de la Roche-Sur-Yon pour mon dernier rendez-vous et le rendez-vous anesthésiste. Ce qui me rassure c’est que c’est l’hôpital où est né mon mari et où mon beau-père a travaillé comme anesthésiste (il y est d’ailleurs réquisitionné pour la crise qui va certainement finir par arriver en Vendée, jusque-là épargnée)
Comment faites-vous de l’activité physique ? On a un jardin et avec un petit garçon de 2 ans et demi, c’est foot, course et draisienne. Honnêtement, je ne peux plus faire que quelques exercices de yoga.
Une recette qui vous remonte le moral ? La brioche vendéenne de ma belle-mère !
Le petit truc qui vous donne le sourire ? Mon fils qui est un vrai moulin à paroles et fait des réflexions à tomber par terre de mignonneté (et de bon sens !).
Le plus compliqué ? La peur d’être porteuse et du coup de contaminer mes proches.L’inconnu de l’accouchement, le premier ayant été particulièrement traumatisant : césarienne d’urgence, un bébé au tout petit poids (2,380kg) et dépression post-partum, la totale ! J’ai peur que les équipes soignantes là-bas n’aient pas tout le dossier médical et ratent un indicateur vital. Le fait d’accoucher seule – mais bon, je ne suis pas la seule et c’est un mal pour un bien.
La bonne surprise ? Le soleil ! Mon petit garçon si adorable et malin. Et le dévouement de ma belle-mère qui me permet de beaucoup me reposer avant le tsunami du deuxième bébé. Confinement en mode royal ! C’est égoïste mais pour le moment je me focalise sur l’accouchement à venir. Trop de contractions et de malaises à cause de la situation, je préfère bien mener cette fin de grossesse et tout faire pour que le bébé grossisse correctement. Donc repos et homéopathie à base de passiflore pour me détendre.

Jessy, 32 ans, enceinte de 32 semaines, 1 enfant de 2 ans et demi

Confinement : Je vis à Aix-en-Provence avec mon enfant et mon mari.
Votre suivi de grossesse ? Mon sage-femme continue les rendez-vous au cabinet sans changement pour l’instant. Le rendez-vous anesthésiste se fera, lui, au téléphone.
Comment vous préparez-vous à l’accouchement ? Pour varier un peu de la première grossesse, j’avais prévu des cours de préparation en hypnose, ils ont été annulés du coup… Je crois que j’ai abandonné de le préparer autrement. Je vais faire une séance avec sage-femme pour me rappeler les choses théoriques de base.
Comment faites-vous de l’activité physique ? Tuto YouTube et le divertissement de mon fils de 2 ans et demi, ça c’est sportif !
Le petit truc qui vous donne le sourire ? Les FaceTime avec les proches : on joue en famille au petit bac, on « boit des apéros » virtuels avec les potes…
Le plus compliqué  ? Les interrogations sans fin : comment se passera l’accouchement ? Où sera l’aîné et avec qui ? Est-ce-que le choc ne sera pas trop grand pour mon premier enfant : avoir ses 2 parents pour lui tout seul H24 les (longues) semaines avant d’accueillir sa petite sœur et devoir apprendre à partager l’attention de ses parents ?
La bonne surprise ? Le temps de qualité passé à 3 juste avant que la famille ne s’agrandisse dans 2 mois.

Pauline, 34 ans, enceinte de 9 mois, une fille de 4 ans

Confinement : avec mon conjoint et notre fille.
Votre suivi de grossesse ? Tous les rendez-vous de suivi ont été conservés car je suis en fin de grossesse. Ils sont directement à la clinique où je vais accoucher. Par contre je dois toujours être seule.
Comment vous préparez-vous à l’accouchement  ? Tous mes cours étaient terminés. Mais j’ai aussi vu que ma sage-femme avait mis en place les cours en visio grâce à Doctolib qui propose cette option maintenant.
Comment faites-vous de l’activité physique ? Malheureusement, j’en fais peu depuis le confinement. Je vais seulement à la clinique à pied pour les rendez-vous de suivi.
Le petit truc qui vous donne le sourire ? Le temps passé tous les trois avec notre aînée avant que notre vie / équilibre soit changé avec l’arrivée du second. On va dire que le confinement aura permis qu’on profite à fond d’être trois.
Le plus compliqué ? Trouver une solution pour faire garder la grande le jour de l’accouchement. Nous avons forcément préféré garder les grands-parents à distance.
La bonne surprise ? Passer du temps avec mon aînée qui adore l’école à la maison avec maman ! Je vais aussi avoir mon conjoint présent pendant plus de 11 jours car il est à son compte et en télétravail.

Marion, 32 ans, 6e mois de grossesse, un fils de 3 ans.

Confinement :nous sommes en haute Garonne, à la campagne avec mon mari et mon fils.
Votre suivi de grossesse ? Personnellement je n’ai rien organisé, j’ai simplement une super sage-femme qui a commencé ses entretiens visio avec moi ! Elle a aussi organisé ses rendez-vous physiques avec des écarts de 30 minutes afin de tout désinfecter entre deux patientes. Elle m’a encouragée à me coudre un masque lorsque je l’ai interrogée. Par contre je n’ai aucune info sur les rendez-vous à la maternité qui commencent en mai. A priori l’anesthésiste sera au téléphone. J’ai également de nouvelles ordonnances pour faire les prises de sang à domicile.
Comment vous préparez-vous à l’accouchement ? C’est mon deuxième donc c’est moins angoissant je présume. Les cours qui m’intéressent seront en visio à priori (la poussée et l’allaitement). Pour les autres (piscine) nous verrons plus tard.
Comment faites-vous de l’activité physique ? J’ai la chance d’avoir 2500m2 de jardin, suivre mon petit garçon toute la journée me suffit comme sport !
Une recette qui vous remonte le moral ? Les craquelés au chocolat ! Et sinon préparer la liste de naissance me donne l’impression de continuer à préparer son arrivée…
Le petit truc qui vous donne le sourire ? Les mouvements du bébé dans mon ventre, ça restera toujours magique. Et la série The Big Bang Theory.
Le plus compliqué  ? L’angoisse pour nos proches, pour nous…
La bonne surprise ? Mon petit garçon s’adapte bien au fait de ne pas sortir, il est heureux d’avoir ses deux parents à la maison ! Même si le papa télé-travaille.

Alexandra, 35 ans dans un mois, enceinte de 26 semaines.

Confinement : je suis confinée en Bretagne, à mon domicile. Avec mon conjoint, nous travaillons tous les deux dans le milieu médical. Je suis en arrêt maladie, depuis la mise en place du confinement, en raison du risque d’exposition professionnel avec la grossesse. Mon conjoint se partage entre son travail et la maison.
Votre suivi de grossesse ? Rien n’a changé pour le moment, mon suivi est toujours réalisé par ma gynécologue tous les mois. Cependant les consultations se font maintenant sans le futur papa.
Comment vous préparez-vous à l’accouchement  ? Les cours de préparation à l’accouchement ainsi que la visite de la maternité sont annulés, j’avoue que c’est un peu l’inconnu. La clinique nous informe au mieux, en fonction de l’évolution, via les contacts téléphoniques et les réseaux sociaux. Le personnel s’adapte avec la mise place des outils numériques (visite virtuelle de la clinique, cours de yoga prénatal en ligne…).
Comment faites-vous de l’activité physique ? Ma prof de yoga s’est adaptée à la situation, en mettant en place des cours en direct, plusieurs fois par semaine. J’avoue que l’idée est vraiment géniale !
Une recette qui vous remonte le moral ? Se dire que, 2 mois dans une vie ce n’est rien, et qu’on a la chance de ne pas être malade ni nous ni notre entourage.
Le petit truc qui vous donne le sourire ? Les moments passés avec mon conjoint, et les « apéros face time » avec les amis !
Le plus compliqué  ? L’incertitude du futur proche, l’inquiétude pour mes proches qui sont loin.
La bonne surprise ? Toutes les initiatives positives face à la situation et la bienveillance des professionnels qui m’accompagnent malgré le contexte, pendant ma grossesse.

Camille, j’attends mon premier enfant pour bientôt, dans 3 semaines maximum !

Confinement : en tribu : mari, chien et chat (enfin, le chat n’est pas vraiment confiné !)
Votre suivi de grossesse ? J’ai fait le dernier rendez-vous de suivi en visio. Je vais bien donc je n’ai pas besoin de me déplacer. Et j’ai annulé les autres rendez-vous, qui étaient de l’ordre d’un process médical plus que d’une réelle nécessité pour moi.
Comment vous préparez-vous à l’accouchement ? J’ai eu la chance d’avoir 3 cours avant le confinement. Et hier j’ai commandé « La naissance, découvrez vos super-pouvoirs ». C’est le premier livre que j’achète sur la grossesse depuis que je suis enceinte !
Comment faites-vous de l’activité physique ?Un tour de 1 heure pile poil, à 950 mètres autour de la maison pile poil, avec mon chien ! On profite du maximum autorisé.
Une recette qui vous remonte le moral ? Les carottes râpées… ça doit être le bébé qui en réclame !
Le petit truc qui vous donne le sourire ? J’ai une to-do list assez remplie (notamment car j’ai une entreprise et que la situation demande beaucoup d’organisation et de communication). Habituellement, dès que je coche quelque chose dans la liste, elle se re-remplit immédiatement et paraît sans fin. Grâce à la situation actuelle, elle ne se remplit plus ! C’est génial d’avancer dans les tâches, et de se dire que d’ici quelques jours, je n’aurai qu’à profiter du temps qui passe en ne faisant que des choses qui me font plaisir. Des derniers moments juste pour moi avant d’accueillir le bébé. Je serais reposée et pleine d’énergie, au moins pour l’accouchement !
Le plus compliqué ? Il n’y a presque plus de carottes, et j’ai peur de prendre des risques en allant dans un magasin… Dilemme !
La bonne surprise ? Profiter d’avoir du temps sur une longue période. Ça me rappelle les grandes vacances.

 

Oriane, 33 ans, enceinte de 23 semaines de son premier enfant

Confinement : je suis avec mon compagnon, dans notre appartement à Paris.
Votre suivi de grossesse ? Mon rendez-vous chez la sage-femme pour l’échographie du 2e trimestre a été maintenu donc j’ai pu voir le bébé la semaine dernière !
Comment vous préparez-vous à l’accouchement ? Mes cours de préparation prévus à la maternité ne commencent pas avant le mois de mai. En revanche, nous étions sur le point de commencer nos séances d’haptonomie et elles ont été annulées… Difficile de trouver une solution de remplacement à distance !
Comment faites-vous de l’activité physique ? J’ai la chance d’avoir des profs qui proposent des cours en ligne donc je peux continuer mes cours de yoga kundalini prénatal avec @lalocharlotte (Charlotte Muller) et mes cours de barre avec @joywithjenn (Jenn Becq). J’essaie de suivre un cours un jour sur deux pour éviter d’être trop statique et ça me fait un bien fou !
Une recette qui vous remonte le moral ? Le pot-au-feu, tellement réconfortant et un moyen parfait de préparer un délicieux bouillon !
Le petit truc qui vous donne le sourire ? Prendre le temps de petit-déjeuner ensemble (un bon granola maison), ce qui n’arrive que rarement habituellement !
Le plus compliqué ? Ne pas pouvoir profiter des parcs en ce début du printemps…
La bonne surprise ? Avoir le temps, bien avant mon congé maternité, de dormir, de faire du tri, de ranger les premiers vêtements du bébé… et surtout, prendre le temps de le sentir bouger, ça peut m’occuper des heures !

Aurélie, 30 ans, attends son premier enfant pour début mai

Confinement : Nous sommes confinés chez nous, à Montreuil, tous les 2 (et demi !).
Votre suivi de grossesse ? Pour le moment, les rendez-vous de suivi à la Maternité des Lilas sont maintenus. Seuls les cours de préparation à la naissance ont été annulés. Il me restait deux cours à suivre dont un sur « alimentation/allaitement ». J’ai pour projet d’allaiter mon bébé et je comptais beaucoup sur ce cours pour mieux m’y préparer. En alternative, je me suis inscrite à un cours à distance (Skype) dispensé par un cabinet de sage-femme de Montreuil début avril. Je suis rassurée d’avoir pu suivre tous les autres cours avant le confinement, ils m’ont vraiment permis de me sentir en confiance pour le jour J.
Comment faites-vous de l’activité physique ? Je fais une séance de Yoga à la maison tous les deux jours, des étirements le matin et une séance de méditation tous les soirs.
Une recette qui vous remonte le moral ? Les veggie croque-monsieur de mon conjoint !
Le petit truc qui vous donne le sourire ? Les séances de méditation (live de Lili Barbery sur Instagram tous les soirs à 18h) sont précieuses et me permettent d’être beaucoup plus sereine et positive en cette période.
Le plus compliqué avec cette période de confinement ? Personnellement, le plus compliqué à gérer en cette période de confinement c’est l’imprévu : mon congé maternité ne ressemble pas du tout à celui que je m’étais imaginé (bye bye piscine, cinéma, manucure, emplettes pour le bébé…) et mon accouchement non plus… Je suis très inquiète quant au fait que le papa ne puisse pas être présent en salle de naissance. Cela ne correspond pas du tout à notre projet, j’ai besoin de lui pour vivre ce moment et lui aussi a besoin (et envie !) d’être là pour accueillir notre enfant. Nous avons construit un projet de naissance à deux et nous espérons très fort que nous pourrons le concrétiser et vivre ce moment ensemble.
La bonne surprise ? La bonne surprise c’est ce sentiment que le temps s’est arrêté et que nous avons du temps pour nous. Dans notre quotidien, nous sommes pressés par le temps et le travail prend une (trop) grande place dans nos agendas. Aujourd’hui, nous profitons d’être ensemble, dans notre maison, dans un environnement que nous aimons, dans lequel nous nous sentons bien. Nous préparons l’arrivée de notre bébé. C’est un recentrage sur soi qui fait du bien. L’autre bonne surprise, c’est que je vais enfin avoir du temps pour apprendre à jouer du Ukulélé, ce ne sera peut-être pas une bonne surprise pour tout le monde en revanche !

Crédit photo : BellyBalloonPhotography x Les Louves 

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