Les grandes étapes de la diversification alimentaire

Parce qu’autour de 4 mois les besoins nutritionnels du nourrisson évoluent tout comme la maturité de son système digestif, c’est à cet âge que l’on recommande de commencer la diversification alimentaire. Petit à petit, de 0 à 1 an, sa palette de goûts va se former et s’enrichir pour découvrir et apprécier légumes, fruits, protéines, etc. Pour vous accompagner pas à pas dans cette initiation alimentaire, voici les conseils d’une nutritionniste experte de la petite enfance, distillés avec la complicité de Stokke. 

 

4e-5e mois :

L’introduction de chaque aliment se fait de façon progressive. « On commence par deux cuillères à café pour les légumes comme pour les fruits, et petit à petit on augmente les quantités, en poursuivant l’allaitement maternel ou artificiel au même volume, soit en moyenne 4 biberons de 200 mL par jour. » Lorsqu’on atteint la quantité d’un petit pot (130g), on peut ajuster les doses de lait et réduire éventuellement le biberon à 150 mL au déjeuner et au goûter.

Astuce pour les premières semaines :

Faites une purée maison, mixez pour obtenir une texture lisse, et congelez-la dans un moule à glaçons. Vous pourrez décongeler les petits cubes au fur-et-à mesure sans gâcher un petit pot entier. Commencez par deux glaçons au déjeuner et augmentez les quantités petit à petit.

Lire aussi : Diversification alimentaire : nos conseils pour ses premiers repas de 0 à 1 an


Début du 6e mois 
:

Introduire les produits laitiers en collation, en commençant par donner deux cuillères. « On les choisit surtout au rayon bébé » recommande Marjorie Daman, qui précise : « c’est important car ils sont fabriqués avec du lait infantile, allégé en protéines par rapport au lait de vache. »

Début du 7e mois :

Introduction des protéines (viandes, poisson, œufs), environ 10g par jour, soit deux cuillères à café le midi (ou (1/4 d’œuf dur). On les propose mixés et à part du légume au début pour évaluer les allergies éventuelles.

À partir du 8e mois :

On peut commencer les produits céréaliers : pain, pâtes, semoule, riz… On les introduit sous forme mixée, à part des autres aliments pour commencer.

9e mois :

Les premières dents ont fait leur apparition, on peut donc passer de la texture lisse aux petits morceaux de viande ou de poisson haché (20g par jour).

De 1 à 3 ans :

On augmente les quantités de protéines : 30 g par jour, soit 6 cuillères à café de viande ou de poisson ou 1/2 œuf dur.

 

Les grandes étapes de la diversification alimentaire


Pour les parents VEGAN ou végétariens

Si pour les adultes, il est tout à fait possible de remplacer les protéines animales par des produits végétaux comme le tofu ou les légumineuses, il n’en est pas de même pour les enfants, comme l’explique la nutritionniste : « Il est très important de combler les besoins en protéines des bébés avec de la viande, du poisson ou des œufs, car des études ont montré que les produits végétaux n’étaient pas adaptés à leur développement, il leur faut des protéines animales. Il faudra attendre 15 mois pour que les légumineuses soient bien tolérées par leur système digestif ».

La diversification par l’enfant : méthode alternative ou complémentaire ?

Cette méthode consiste à laisser plus de liberté à son bébé en le laissant choisir et goûter ce qu’il veut avec les mains. L’objectif : développer son autonomie alimentaire afin qu’il prenne conscience de ses besoins. Selon Marjorie Daman, c’est aussi un formidable apprentissage qui met tous ses sens en action : « l’enfant va découvrir chaque aliment et se l’approprier avec tous ses sens : couleur, forme, odeur, texture, sensation de chaud ou de froid… »

Comment s’y prendre ?

« On peut commencer à 5 mois comme la diversification normale. Quand l’enfant montre son désir de manger, on lui présente des aliments en morceaux, de la taille de son poing pour qu’il puisse les saisir et les tenir. On peut tout donner : légumes, fruits, viandes, œufs… » Avec cette méthode, on passe donc outre le principe de précaution qui consiste à introduire un aliment à la fois, « aucune étude ne permet de dire à présent si l’une ou l’autre méthode est meilleure ou moins risquée pour un enfant », souligne la nutritionniste. « Mon conseil serait de garder les deux méthodes, en permettant de temps en temps à l’enfant de choisir et de se servir avec les mains. »

Sucre, sel, lait de vache : ce qu’il faut éviter pendant la première année

« La théorie des 1000 jours considère que tout se forme chez l’enfant entre 0 et 3 ans, on préfère donc proposer une alimentation la plus saine possible pendant ses trois premières années », explique la nutritionniste. Les principes de base : « ne rien ajouter (ni sucre ni sel) pour ne pas les habituer, et éviter au maximum les produits industriels », conseille Marjorie Daman. « On choisit les compotes et les produits laitiers au rayon bébé, sans sucres ajoutés, et on évite le plus possible toutes les boissons sucrées – soda, sirops, jus de fruits – avant 3 ans ». Pour le lait, la nutritionniste recommande de ne pas donner de lait de vache, trop riche en protéines, avant 3 ans : « des études ont montré que la consommation de lait de vache chez les bébés pouvait provoquer un surpoids à l’âge adulte, on lui préfère donc un lait de croissance reconstitué. »

Réalisation : Les Louves x Stokke
Crédit photo : BellyBalloonPhotography
Nos remerciements à Marjorie Daman, diététicienne nutritionniste au Centre paramédical Le Sart – Pavé de Lille


Lire aussi sur Les Louves


Diversification alimentaire : nos conseils pour ses premiers repas de 0 à 1 an
Premiers bains : les clefs pour un moment serein avec son bébé
Première année : comment éveiller et stimuler son bébé ?