Carnet de maternité : ce qui change depuis le 1er mars 2026

Depuis le 1er mars 2026, un nouveau carnet de maternité est remis gratuitement à toutes les femmes enceintes lors de leur premier examen prénatal. Dix ans après la dernière édition, ce document discret mais central dans le suivi de grossesse fait sa mue. Élaborée sur la base des recommandations du Haut Conseil de la santé publique publiées en 2023, cette refonte a associé sociétés savantes, représentants des professionnels de santé et usagers. Le résultat : un outil plus complet, plus lisible, qui aborde pour la première fois la santé mentale périnatale sans détour.

Un suivi médical enrichi, de la grossesse au post-partum

Le nouveau modèle s’organise en cinq grandes sections, articulées autour de deux axes : une partie prévention avec des informations et des conseils à destination de la femme enceinte et de son entourage, et une partie médicale qui facilite le partage d’informations entre la femme enceinte et les différents professionnels qui la suivent pendant son parcours.

Parmi les ajouts les plus concrets, des rubriques dédiées aux vaccinations recommandées pour protéger la mère et le futur nouveau-né, au risque de trisomie 21 et au diabète gestationnel, ainsi que des conseils pour limiter l’exposition aux polluants font leur entrée dans le document. De nouvelles thématiques y sont également détaillées : prévention des violences et du syndrome du bébé secoué, prévention de l’exposition à l’alcool et aux écrans, santé bucco-dentaire.

Une nouveauté majeure tient à l’intégration de l’entretien prénatal précoce, désormais mis en avant pour permettre un accompagnement personnalisé dès le début de la grossesse. Ce rendez-vous, souvent méconnu des futures mères, permet d’identifier tôt les fragilités et d’orienter vers les bons interlocuteurs avant que les difficultés ne s’installent. Le carnet conserve par ailleurs une forte dimension territoriale, avec la possibilité d’y intégrer des informations locales utiles aux familles, comme les coordonnées des services de Protection Maternelle et Infantile.

La santé mentale entre dans le carnet : un premier pas vers la normalisation

C’est sans doute l’évolution la plus attendue de cette nouvelle édition. Le carnet introduit une rubrique dédiée intitulée “Être bien dans ma tête”, qui sensibilise à la santé mentale dès le début de la grossesse. Les signes de la dépression post-partum y sont détaillés, avec une incitation à en parler aux professionnels de santé et à l’entourage.

Les chiffres justifient amplement cette inclusion. Selon la dernière enquête nationale périnatale de 2021, le taux de dépression post-partum concerne entre 16 et 20 % des femmes. Pourtant, ce trouble reste largement sous-diagnostiqué, faute d’un repérage systématique et d’une parole suffisamment libérée autour de lui. Le carnet liste les différents signes de cette dépression, parmi lesquels se sentir triste ou déprimée sans raison apparente, et explique que cette dépression se soigne, et qu’il faut en parler à son partenaire, à un proche ou à un professionnel de santé.

Le rôle du co-parent est valorisé dans cette nouvelle édition, tandis que des outils de repérage viennent appuyer les praticiens. Des ressources spécifiques sont également mises à disposition des professionnels de santé, notamment des outils de dépistage en santé mentale.

Que ce sujet figure enfin dans un document officiel remis à toutes les femmes enceintes, sans exception et sans démarche particulière, dit quelque chose d’important sur l’évolution du regard médical.

Ce n’est pas encore une politique de prévention en santé mentale périnatale, mais c’est une porte ouverte, dans les mains de chaque future mère, dès le début de sa grossesse.

Crédit photo : @Nathalie Blauth