Congé maternité : durée légale, calcul des indemnités journalières et droits selon votre situation

Pour toute salariée enceinte, le congé maternité est un droit fondamental dont les règles de calcul restent souvent floues. En France, la durée légale, le montant des indemnités journalières et les conditions d’éligibilité varient selon la situation familiale et l’ordre de naissance. Voici tout ce qu’il faut savoir pour anticiper sereinement son départ.

Ce que dit la loi sur le congé maternité : durée, dates et cas particuliers

A peine ce sentiment d’être heureuse, souvent émue, parfois épuisée par le premier trimestre, et très vite arrivent les questions pratiques qui s’accumulent dans la tête comme une liste sans fin. À quelle date je m’arrête vraiment ? Est-ce que je touche mon salaire complet ? Mon employeur peut-il décaler mon départ ? Est-ce différent si c’est mon troisième enfant ? Ces questions sont légitimes, concrètes, urgentes. Et pourtant, on se retrouve souvent seule à chercher les réponses entre deux rendez-vous chez la sage-femme, sur des sites administratifs qui semblent conçus pour décourager. Alors posons les choses clairement, sans jargon inutile.

En France, la durée du congé maternité est fixée par le Code du travail et varie selon le rang de l’enfant et la situation familiale. Pour un premier ou deuxième enfant, il dure seize semaines au total : six semaines avant la date prévue d’accouchement (congé prénatal) et dix semaines après (congé postnatal). Dès le troisième enfant, la durée passe à vingt-six semaines, soit huit semaines avant et dix-huit semaines après. En cas de grossesse gémellaire, ce sont trente-quatre semaines qui s’appliquent, et jusqu’à quarante-six semaines pour des triplés ou plus.

Ce que beaucoup de futures mères ignorent, c’est la possibilité de reporter une partie du congé prénatal sur le congé postnatal. Concrètement, si vous décidez de travailler trois semaines supplémentaires avant votre accouchement, vous pouvez allonger d’autant votre congé après la naissance, dans la limite de trois semaines pour un premier ou deuxième enfant. Cette souplesse, prévue par le décret du 9 octobre 2012, est peu connue mais peut changer beaucoup de choses pour les femmes qui préfèrent profiter davantage des premiers mois avec leur bébé.

La date de départ en congé se calcule à partir de la date présumée d’accouchement communiquée par votre médecin ou sage-femme. C’est cette date, déclarée à votre CPAM (Caisse Primaire d’Assurance Maladie), qui déclenche le droit aux indemnités journalières. Si l’accouchement a lieu avant la date prévue, le congé postnatal n’est pas réduit pour autant : il démarre simplement plus tôt.

Les indemnités journalières : ce qu’on perçoit et comment les calculer

Les indemnités journalières de maternité (IJM) sont versées par l’Assurance Maladie, à la condition d’avoir travaillé au moins dix mois avant le début du congé et d’avoir cotisé sur un salaire minimum. Leur montant est calculé sur la base du salaire brut des trois derniers mois précédant le début du congé prénatal, divisé par 91,25. Un plafond s’applique : en 2025, l’indemnité journalière maximale est d’environ 100,36 euros brut par jour, soit un peu plus de 3 000 euros brut par mois.

Attention, ce montant ne correspond pas au salaire net habituel. La plupart des femmes observent une légère baisse de revenus pendant leur congé, sauf si leur convention collective ou leur employeur prévoit un maintien de salaire. C’est un point à vérifier impérativement avec son service RH ou sa convention collective avant le départ : certains secteurs, comme la fonction publique ou certaines branches professionnelles, offrent effectivement une protection plus favorable.

Chloé, 34 ans, chargée de communication à Lyon et mère de deux enfants, se souvient de sa première grossesse : “Je pensais naïvement que je garderais mon salaire. Personne ne m’avait expliqué que les indemnités journalières avaient un plafond. J’ai failli me retrouver en difficulté les premiers mois. La deuxième fois, j’ai anticipé en mettant de côté dès le début de la grossesse.” Son témoignage rejoint celui de nombreuses mères accompagnées par des associations comme Maman travaille, qui souligne régulièrement que l’information financière autour de la maternité reste insuffisante.

Une nouvelle loi change la donne dès juillet 2026

Depuis le 1er juillet 2026, un droit inédit s’ouvre pour les jeunes parents français. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adoptée le 16 décembre 2025, crée un congé supplémentaire de naissance que chaque parent peut prendre à la suite de son congé de maternité, de paternité ou d’adoption. Concrètement, c’est jusqu’à deux mois de congé supplémentaire, rémunéré à 70 % du salaire net le premier mois et à 60 % le second. Ce congé est fractionnable en deux périodes d’un mois, et peut être pris en même temps que l’autre parent ou en alternance. Il ne remplace pas le congé parental existant. Pour en bénéficier, il faut avoir épuisé ses droits à congé légal et prévenir son employeur au moins un mois à l’avance. Ce nouveau droit concerne tous les enfants nés à partir du 1er janvier 2026, quel que soit le statut professionnel des parents.

Pour simuler précisément ses indemnités, le site ameli.fr propose un calculateur en ligne. Il est aussi fortement recommandé de contacter directement sa CPAM dès le quatrième mois de grossesse pour anticiper les démarches, vérifier ses droits et éviter tout délai dans les versements.

Crédit photo : @Pablo Merchan