C’est un sujet aussi vieux que la civilisation. Depuis quatre millénaires, la maternité innerve récits, rites et images au cœur des sociétés méditerranéennes. Le Mucem s’en empare avec une ambition pointilleuse : l’exposition « Bonnes Mères » au Mucem réunit 350 œuvres dans un parcours immersif et diachronique, ouvert depuis le 18 mars et visible jusqu’à la fin de l’été.
Des déesses-mères à la Bonne Mère marseillaise
L’exposition, intitulée « Bonnes Mères », ne se contente pas de célébrer. Elle interroge. Des déesses-mères antiques aux artistes contemporaines, en passant par les mères patriotiques, le propos dévoile la maternité comme construction sociale, enjeu politique et sujet artistique souvent porteuse d’injonctions autant que de tendresse.
Le parcours se déploie en trois sections. La première explore les imaginaires traditionnels, idéalisés, fantasmés. La deuxième s’aventure sur un terrain plus intime et plus âpre : deuil périnatal, interruptions de grossesse, expériences longtemps passées sous silence. La troisième, enfin, décrypte codes et mimétismes dans la transmission entre mères et enfants.
Des chefs-d’œuvre au rendez-vous
Parmi les pièces maîtresses du parcours : les Vénus de Prune Nourry, la coupe d’Eos et Memnon signée Douris et Kalliadès, la Vierge à la grenade de Botticelli, une Blue Goddess de Niki de Sainte Phalle, ou encore le Coroçao Independente de Joana Vasconcelos. Une centaine d’œuvres proviennent des collections ethnographiques du Mucem de Marseille lui-même.
La scénographie, confiée à l’agence SCENO (Birgitte Fryland), se veut immersive et solaire à l’image d’une Méditerranée que l’exposition convoque autant comme espace géographique que comme creuset culturel.
L’exposition s’achève sur un mur de proverbes méditerranéens consacrés aux mères et belles-mères, et sur un objet malicieux : le CV de la bonne mère, qui « travaille comme si elle n’avait pas d’enfant, élève ses enfants comme si elle n’avait pas de travail ». Une formule qui dit, en quelques mots, tout le vertige de l’injonction maternelle.
Le commissariat est assuré par Caroline Chenu, chargée de recherches au Mucem, et Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des Femmes.
Infos pratiques :
Tous les jours sauf le mardi, de 10h à 19h.
Tarif plein : 11 €, réduit : 7,50 €, famille : 18 €.

Crédit photo : Christopher John

