Nos 5 romans à glisser dans sa valise cet été

En France, 87 % des femmes lisent davantage pendant les vacances d’été et pourtant, choisir un roman reste souvent aussi compliqué que faire sa valise. Entre fresque historique, enquête familiale et récit intime, la sélection de cette saison offre de quoi tenir plusieurs semaines loin des écrans. Cinq titres, cinq humeurs de lecture, pour ne pas rentrer en ayant lu qu’un seul livre.

Des romans primés qui tiennent leurs promesses

Il y a les palmarès que l’on feuillette distraitement en novembre, et il y a les livres qui, une fois ouverts, justifient chaque prix reçu. Ces trois-là font partie de la seconde catégorie.

La nuit au cœur, de Nathacha Appanah (Gallimard), a raflé à l’automne dernier le Prix Femina, le Goncourt des lycéens et le Renaudot des lycéens. Trois jurys distincts, un même verdict. Le roman entrelace le destin de trois femmes prises dans la spirale des violences conjugales, dont celui de l’autrice elle-même, victime d’emprise à dix-sept ans. Ce n’est pas un livre facile, mais c’est un livre juste, écrit avec une précision émotionnelle qui ne verse jamais dans le pathos. À emporter pour les soirées où l’on veut lire quelque chose qui reste.

John Boyne, que l’on connaît surtout pour Le Garçon au pyjama rayé, confirme avec Les Éléments (JC Lattès) qu’il est bien autre chose qu’un auteur à succès scolaire. Prix du Roman Fnac et Prix Femina étranger, ce roman choral entremêle quatre destins : une mère en quête d’asile, un jeune footballeur confronté à la gloire, une chirurgienne rattrapée par son passé, un père en voyage initiatique avec son fils. Une construction impeccable, une écriture ample, un livre que l’on ouvre un matin et que l’on finit avant le dîner.

J’emporterai le feu (Gallimard) clôt la trilogie Le pays des autres que Leïla Slimani consacre depuis plusieurs années à l’histoire du Maroc à travers le prisme d’une famille. Ce troisième tome a été salué unanimement comme une conclusion à la hauteur des deux premiers. Pour celles qui ont suivi la saga depuis le début, c’est le plaisir rare de retrouver des personnages comme des proches. Pour les autres, c’est une invitation à reprendre la trilogie depuis le début, ce qui n’est pas le pire programme de vacances.

Deux coups de cœur à glisser entre toutes les mains

Les prix littéraires balisent une partie du paysage, mais les vraies découvertes d’une saison se nichent souvent ailleurs. Ces deux romans-là ont surpris la critique et méritent une place dans la valise au même titre que les lauréats.

Mon vrai nom est Élisabeth, d’Adèle Yon (Éditions du Sous-Sol), part d’une peur familiale transmise de génération en génération : les femmes, vers vingt-cinq ans, deviennent folles. De cette angoisse intime, la narratrice tire une enquête qui remonte jusqu’à son arrière-grand-mère internée dans les années quarante. Le récit mêle histoire familiale, histoire de la psychiatrie et réflexion sur la transmission avec un vrai souffle de thriller. L’une des surprises les plus solides de la rentrée, portée par une plume sensible et sans effet superflu.

Laurent Mauvignier signe avec La maison vide (Minuit) un roman-fleuve de plus de sept cents pages dont on ne décroche pas. Tout commence par quelques vieilles photographies de famille où le visage de la grand-mère a été découpé ou raturé au stylo. Qu’a-t-elle donc fait pour mériter un tel effacement ? La réponse entraîne dans une saga obsédante qui remonte jusqu’au milieu du XIXe siècle. Lent, précis, captivant. Le genre de livre que l’on emporte en se disant qu’on verra, et que l’on referme deux semaines plus tard avec le sentiment d’avoir lu quelque chose d’important.