PMA : Marine Tondelier raconte son parcours en Belgique

Après plusieurs fausses couches et échecs d’implantation, Marine Tondelier a dû se rendre en Belgique pour accéder à un examen génétique interdit à la plupart des femmes en France. La secrétaire nationale des Écologistes a choisi de raconter ce parcours pour la première fois, plusieurs mois après la naissance de son enfant. Son témoignage relance une question restée jusque-là confinée aux cercles médicaux : pourquoi le diagnostic pré-implantatoire reste-t-il si difficile d’accès en France.

Le diagnostic pré-implantatoire, un examen encore très encadré en France

Le diagnostic pré-implantatoire des aneuploïdies, désigné par l’abréviation DPI-A, consiste à analyser les chromosomes d’un embryon obtenu par fécondation in vitro avant son transfert dans l’utérus. Un prélèvement de quelques cellules périphériques de l’embryon permet d’établir son caryotype et de repérer une anomalie du nombre de chromosomes, cause fréquente de fausses couches précoces et d’échecs d’implantation.

En France, cet examen reste interdit. La loi de bioéthique promulguée en 2021 a explicitement écarté sa légalisation, malgré les demandes répétées d’une partie du corps médical. Réunis lors d’une journée professionnelle consacrée au sujet, plusieurs spécialistes de l’assistance médicale à la procréation ont regretté ce maintien de l’interdiction, estimant qu’un repérage précoce des anomalies éviterait à des couples déjà éprouvés par un parcours de PMA de revivre l’épreuve d’une fausse couche.

Cette interdiction pousse une partie des patientes à se tourner vers d’autres pays européens où le DPI-A est autorisé. La Belgique et l’Espagne figurent parmi les destinations les plus citées, avec un coût qui reste à la charge des couples puisqu’aucune prise en charge n’existe pour ces parcours réalisés hors du territoire français.

Un témoignage qui relance le débat des états généraux de la bioéthique

C’est ce chemin qu’a emprunté Marine Tondelier. Invitée du podcast “Gamètes”, la secrétaire nationale des Écologistes et candidate à la primaire de la gauche en vue de 2027 a expliqué avoir vécu plusieurs échecs d’implantation avant de comprendre, avec sa médecin, que la majorité des causes d’échec se situait du côté de l’embryon plutôt que de l’utérus. Elle a alors découvert l’existence du DPI-A et son interdiction en France, avant de décider, avec son conjoint, de prélever des embryons pour réaliser cet examen en Belgique, pour un coût qu’elle évalue à au moins 10 000 euros. Quelques mois plus tard, sa grossesse est survenue naturellement, sans recours à une FIV.

Si elle n’avait jusqu’ici jamais évoqué ce parcours publiquement, c’est qu’elle ne voulait pas que cette annonce vienne brouiller celle de sa grossesse. Elle explique avoir depuis échangé avec les médecins qui l’ont suivie pour savoir si ce témoignage pouvait être utile à d’autres femmes, et en avoir reçu confirmation.

Ce récit intervient alors que les états généraux de la bioéthique travaillent actuellement à la prochaine révision de la loi, dans un climat où le sujet reste sensible. Le Comité consultatif national d’éthique avait lui-même relevé, dans un avis publié en 2022, que le débat autour du DPI-A s’était souvent heurté à l’accusation d’eugénisme, alors qu’il s’agit selon lui d’évaluer la viabilité d’un embryon et non de sélectionner des caractéristiques désirées par les parents.

En rendant publique une expérience jusque-là cantonnée aux témoignages anonymes glanés dans la presse spécialisée, Marine Tondelier ajoute une voix politique à un débat qui, jusqu’ici, opposait surtout médecins et législateurs. La question de savoir si le DPI-A doit rester réservé à quelques parcours menés à l’étranger, ou devenir accessible en France, reste entière. Elle sera au cœur des discussions qui s’annoncent dans les mois à venir.