Maternité publique ou privée : quelle différence pour mon accouchement ? 

Au moment de s’inscrire en maternité, on peut hésiter entre clinique privée et hôpital public : quelles sont les différences majeures entre ces deux types d’établissements ? Suivi de grossesse, accouchement, accompagnement en pré et post-partum, soins et tarifs : on passe en revue quelques critères avec Lucie Guilbaud, gynécologue obstétricienne, pour vous aider à faire votre choix.

Le suivi et la préparation à la naissance

Dans le privé : En cas d’accouchement en clinique privée, le suivi sera effectué par un gynécologue obstétricien que vous aurez choisi, et qui supervisera votre accouchement. Il est parfois possible d’être suivi par un binôme de gynécologues obstétriciens afin de s’assurer de connaître le médecin lors de l’accouchement, l’autre médecin pouvant être absent (congés, formations, etc.). Le suivi peut s’effectuer au cabinet de votre gynécologue. La préparation à la naissance dans ce cas peut être organisée soit dans la clinique où vous accoucherez, soit en ville, auprès d’une sage-femme.

Dans le public : En cas d’accouchement à l’hôpital public, vous pouvez être suivie soit au sein de l’hôpital, soit dans le cadre du réseau ville-hôpital, en fonction de vos antécédents et du déroulement de votre grossesse. En cas de suivi à l’hôpital, ce dernier sera effectué par une sage-femme en cas de grossesse normale, et par un gynécologue obstétricien, en cas de grossesse à risque. Si la grande majorité des maternités favorise un suivi personnalisé avec un même soignant pendant toute la durée de la grossesse, celui-ci n’est pas certain, du fait des plannings de chacun. Par ailleurs, il est rare d’avoir le choix du praticien qui vous suivra. En cas de suivi dans un hôpital universitaire, il est possible que des étudiants en maïeutique (sages-femmes) ou en médecine soient présents lors des consultations. Vous avez le droit de refuser leur présence mais il faut avoir à l’esprit que c’est le seul moyen de former correctement les sages-femmes et médecins de demain… En cas de suivi à l’hôpital public, la préparation peut également être organisée soit à l’hôpital, soit en ville, auprès d’une sage-femme. Les moyens alloués aux hôpitaux publics font que les offres de préparation à la naissance sont souvent moins variées que dans les établissements privés.

Si vous avez une grossesse normale et que souhaitez être suivie par une sage-femme plus que par un médecin, vous pouvez choisir d’accoucher à l’hôpital public (suivi à l’hôpital ou réseau ville-hôpital), en maison de naissance, en plateau technique ou à domicile.

Lire aussi notre article : Comment choisir sa maternité ?

L’accouchement

Dans le privé : En cas d’accouchement en clinique privée, votre gynécologue sera avisé dès le début de travail et supervisera l’accouchement. Vous serez suivie par une sage-femme pendant le travail et votre gynécologue sera présent pour la fin de l’accouchement. Ceci vous permet d’être sûre de connaître le médecin le jour de l’accouchement. Dans certains établissements privés, un anesthésiste et un pédiatre ne sont pas présents 24 heures sur 24. Cela fait partie des questions que vous pouvez poser lorsque vous réfléchissez à la maternité dans laquelle vous souhaitez accoucher.

Dans le public : En cas d’accouchement en maternité publique, vous serez reçue par l’équipe de garde ce jour- là. Ainsi, il est possible mais pas du tout certain que vous connaissiez les personnes présentes lors de votre accouchement. À l’hôpital, ce sont les sages-femmes qui suivent le travail et vous accompagnent dans votre accouchement. Le médecin de garde n’est appelé qu’en cas de problème comme par exemple une indication à un accouchement par instruments (forceps, spatules, ventouse) ou à une césarienne.

Dans les maternités publiques,l’homogénéité de la prise en charge des patientes est assurée par l’existence deprotocoles et de réunions quotidiennes. Les protocoles sont des documents mis à jour régulièrement et qui détaillent les conduites à tenir devant chaque situation (ex : anémie pendant la grossesse, rupture de la poche des eaux, stagnation de la dilatation du col, etc.). Toute l’équipe d’un même établissement s’appuie sur ces protocoles pour prendre en charge les patientes. Les réunions d’équipe permettent de discuter des dossiers des patientes ayant accouché dans les 24 heures qui précèdent cette réunion, afin d’évaluer les pratiques et de s’améliorer continuellement. De plus en plus de maternités privées ont mis en place des protocoles ainsi que des réunions régulières (quotidiennes ou hebdomadaires selon le nombre d’accouchements) mais ces mesures ne sont pas obligatoires et peuvent être absentes.

Un moyen d’évaluer la qualité des soins prodigués dans une maternité est de s’assurer qu’elle a reçu une certification par la Haute Autorité de Santé. Bien qu’assez techniques les résultats de ces certifications sont accessibles à tous sur ce lien : www.has-sante.fr

Le post-partum

La durée du séjour en maternité après un accouchement est relativement homogène entre les établissements publics et privés. Elle est en général de trois jours après un accouchement par les voies naturelles, et de cinq jours après un accouchement par césarienne.

La grande différence entre les deux types d’établissement réside dans le confort matériel. Bien que cela soit de plus en plus rare, il peut encore exister des chambres doubles dans les services de suites de couches des maternités publiques, ce qui est probablement exceptionnel dans les maternités privées. Certaines cliniques proposent des suites ou des appartements privatifs et les prestations peuvent inclure un lit et un repas pour l’accompagnant, un accès internet, un bouquet de fleurs, ou encore, des cadeaux pour le bébé. Que ce soit en maternité publique ou privée, une chambre individuelle est toujours facturée à la patiente, avec des montants évidemment moindres en maternité publique.

Quel que soit le lieu d’accouchement, toutes les femmes peuvent bénéficier du système Prado qui correspond à des visites à domicile de la mère et de son bébé par une sage-femme, prises en charge par l’Assurance maladie, sans avance des frais. Le système Prado permet également d’accompagner les mères qui souhaitent une sortie précoce, si cette dernière semble raisonnable à l’équipe médicale de la maternité.

Écoutez notre épisode de podcast consacré au post-partum avec Bernadette de Gasquet

Le coût

Les frais engendrés par la prise en charge de la grossesse et de l’accouchement représentent une différence majeure entre le système privé et le système public.

Dans le public : À l’hôpital public, l’ensemble des frais de suivi, d’accouchement, et de séjour (jusqu’à 12 jours après la naissance) sont pris en charge par l’Assurance maladie. Restent à votre charge les frais liés au choix d’une chambre individuelle et à celui d’avoir la télévision dans votre chambre de suites de couches. Aujourd’hui, il est malheureusement encore rare de pouvoir proposer des lits aux accompagnants dans les maternités publiques.

Dans le secteur privé, deux types d’établissements sont à différencier : les cliniques privées conventionnées et les cliniques privées non conventionnées.

En clinique privée conventionnée, l’Assurance maladie prend en charge tous les frais de suivi, d’accouchement et de séjour (jusqu’à 12 jours après la naissance) sans nécessité d’une avance de ces frais de votre part. Les frais qui restent à votre charge sont ceux des dépassements d’honoraires des praticiens (gynécologue obstétricien, anesthésiste, pédiatre), ceux de la chambre individuelle, du lit et du repas de votre accompagnant et des autres services éventuels (télévision, internet…).

En clinique non conventionnée, le principe est le même qu’en clinique conventionnée mais les dépassements d’honoraires souvent plus élevés et, surtout, la patiente doit avancer tous les frais, même ceux qui seront secondairement remboursés en se basant sur le tarif conventionnel de l’Assurance maladie.

Ainsi, si vous souhaitez accoucher en clinique privée, il est fortement recommandé de demander un devis et de se renseigner auprès de sa complémentaire santé en amont de l’accouchement pour savoir si elle prend en charge les frais.

Quelques chiffres

Le coût d’une consultation avec un gynécologue obstétricien pratiquant des dépassements d’honoraires est très variable d’une ville à l’autre, et peut aller de 30 € à 150 €. Le remboursement à 100% se base sur le tarif de l’Assurance maladie qui est de 23€.

Le coût d’un accouchement dans le privé peut aller de 400 € à 6000 € selon les établissements et le type d’accouchement. À ces coûts, il faut ajouter ceux de la prestation de l’anesthésiste et des consultations avec le pédiatre pour votre enfant, là encore, variables selon les praticiens. Le tarif conventionnel de l’Assurance maladie pour un accouchement est de 313,50 € pour une grossesse simple et 418 € pour une grossesse multiple.

Établissements publics et privés confondus, le coût d’une chambre individuelle se situe entre 40 et 1500 euros la nuit selon les établissements et les prestations.

Crédit photo : Kelly Sikkema – Unsplash