Confidences de mamans : « l’allaitement c’est naturel, mais ce n’est pas instinctif ! » 

Que l’on souhaite allaiter quelques semaines ou quelques années, l’allaitement est une expérience pleine d’inconnues et l’on ne sait jamais où elle va nous mener. Elle est pourtant fondatrice et initiatique, puisqu’elle permet de nouer et de tisser au fil des jours la relation entre une mère et son bébé. Parce que d’une maman et d’un enfant à l’autre, on allaite comme on veut et comme on peut, et que chaque histoire d’allaitement peut en soutenir une autre, nous avons souhaité réunir ici une grande variété d’expériences d’allaitement grâce à vos témoignages. Vos choix, vos limites, vos réussites, vos galères et vos secrets pour faire face, recueillis avec la complicité de MAM, la marque qui vous accompagne pour nourrir votre bébé en toute sérénité. Merci à Valérie, Sarah et Gaëlle pour leurs confidences.

Valérie, 47 ans, maman de Thomas (22 ans), Emma (18 ans), Aaron (16 ans) et Eden (12 ans)

Pourquoi souhaitais-tu allaiter ? C’était comme une évidence, un instinct… Un désir de sentir mon enfant contre moi et lui offrir le meilleur lait pour lui.

Allaitement court ou long ? Long ! Allaitement exclusif jusqu’à 9 mois et jusqu’au sevrage naturel ensuite. Le premier a tété jusqu’à 2 ans et demi, la seconde jusqu’à 5 ans et demi, en pratiquant du co-allaitement avec le troisième. Sevrage du troisième à 3 ans et demi car j’étais enceinte et c’était très douloureux au bout de 4 mois. La quatrième s’est sevrée à 5 ans et demi.

En privé seulement ou partout et n’importe quand ? Partout et n’importe quand mais avec discrétion toujours.

À la demande ou chronométré ? À la demande.

La mise au sein, les premières tétées ? des débuts compliqués ou idylliques ? Un peu compliqués pour le premier, pas facile de trouver la bonne façon de mettre le bébé au sein, s’habituer au rythme, comprendre ses besoins. Les autres allaitements étaient plus simples mais ma petite dernière a mis du temps à reprendre son poids de naissance, je ne me reposais pas assez !

Des Petits couacs et des grosses galères ? Oui, j’ai souvent fait des mastites liées au surmenage. J’ai également connu une grève de la tétée de mon premier qui a duré quelques jours.

Les solutions et les coups de pouce ? Repos, lever le pied avec parfois la nécessité de faire des siestes, bien s’alimenter, boire beaucoup (surtout de la tisane d’allaitement). Se faire aider par le papa ou la famille. Contacter La Leche League, qui m’a beaucoup apporté !

La reprise du boulot ? Sevrage ou prolongations ? Reprise du boulot pour mon premier alors qu’il avait 5 mois. J’avais congelé un petit stock de lait et je tirais mon lait au travail, je l’amenais tous les jours à la nourrice qui lui donnait à la petite cuillère les premiers temps, puis au verre. Après ses 9 mois, introduction de purée et mon lait que je tirais tous les jours jusqu’à ses 1 an.

Le truc à retenir pour bien vivre son allaitement ? S’écouter et ne pas suivre tous les conseils des personnes qui n’y connaissent rien ! Écouter une personne compétente et bienveillante. J’ai la chance d’avoir un mari merveilleux qui prenait soin de nous et était fier de me voir allaiter avec plaisir.

Sarah 36 ans, maman de Anna 7 ans, Emili, 4 ans et Paul, 4 mois

Pourquoi souhaitais-tu allaiter ? Anna est née avec une malformation digestive, tirer mon lait pour elle était le meilleur moyen de l’aider, c’était donc une évidence. Pour Emili je voulais qu’elle ait droit aux mêmes bénéfices de l’allaitement maternel qu’Anna. Pour Paul, je savais que ce serait mon petit dernier et l’allaitement permet des petits câlins « obligatoires » au milieu de la logistique familiale !

Allaitement court ou long ? J’ai eu la chance de pouvoir allonger un peu mes congés maternité donc j’ai allaité environ 6 mois à chaque fois.

En privé seulement ou partout et n’importe quand ? Plutôt en privé ou au moins à l’abri des regards.

À la demande ou chronométré ? Pour les filles j’ai chronométré sinon les tétées étaient trop courtes (elles s’endormaient sans avoir eu suffisamment). Mais Paul lui peut passer une heure à téter (avec des douleurs très intenses pour moi) ! Du coup j’ai voulu un peu le « chronométrer ». Mais verdict après 1 mois : sa courbe de poids stagnait… J’ai dû le supplémenter et être beaucoup plus cool en acceptant des tétées moins « standardisées ».

La mise au sein, les premières tétées ? des débuts compliqués ou idylliques ? Je mets de côté mon expérience très spécifique pour Anna chez qui je n’ai utilisé que le tire-lait pendant plus d’un mois. Je dirais que les premières 24h étaient vraiment chouettes, après malheureusement ça s’est vite compliqué je pense surtout à cause de ma morphologie.

Des petits couacs et des grosses galères ? Pas mal de galères… En fait essentiellement des crevasses. On voit partout qu’elles sont liées à la mauvaise position du bébé. Mais les sages-femmes et les conseillères en lactation que j’ai vues on bien validé la position du bébé à chaque fois. Mais je dois dire que j’ai un mamelon plat et un mamelon ombiliqué. Pour Emili mes crevasses ont mis deux mois à véritablement cicatriser avec des hauts et des bas. Je pense que c’est dû au fait que j’ai eu des conseils contradictoires à la maternité. Puis j’ai déménagé à l’étranger et je ne savais pas à qui m’adresser pour refaire le point.
Quant à Paul, il a un petit frein de langue postérieur, un frein de lèvre et deux freins de joue ! Or ces freins ne sont pas aussi simples à couper qu’un seul frein de langue antérieur. Avec en plus un besoin de tétées très longues j’ai eu vraiment mal à en pleurer et me demander pourquoi je continuais !
Au bout d’un mois j’étais au bout de mes forces et il ne prenait pas assez de poids… Je me souviens avoir envoyé un mail comme une bouteille à la mer à l’association des conseillères en lactation de ma région un vendredi à 23h30. J’ai reçu un appel providentiel dès le lundi matin d’une personne extrêmement bienveillante et à l’écoute.
Associée avec une ostéopathe pour enfants je me suis accordé une semaine pour donner une dernière chance à mon allaitement. Leurs écoutes, leurs conseils, le fait que mon fils grandissait (donc meilleure prise en bouche du sein) et un coup de pouce avec des biberons de lait en poudre : j’ai fini par retrouver le goût de l’allaitement.

Les solutions et les coups de pouce ?

  1. Pour les crevasses : des compresses multi-Mam, et des pansements au lait maternel avec une occlusion avec du film alimentaire pour une cicatrisation en milieu humide (éviter qu’une croûte se forme et qu’elle craque à chaque tétée).
  2. Pour moi le biberon et la tétine ont été deux précieux alliés pour poursuivre un allaitement serein et non contraint.
  3. Demander de l’aide même si c’est juste pour parler, y compris pour le 3e enfant ! 

La reprise du boulot ? Sevrage ou prolongations ? Mon rythme de travail est très variable, avec des gardes de 24h sur place, donc je vais essayer de tirer un peu mon lait le premier mois de reprise pour une transition en douceur et puis stop.

Le truc à retenir pour bien vivre son allaitement ? Chercher des personnes ressource avant l’accouchement pour avoir déjà un répertoire fourni si besoin. Et une petite maxime de la part d’une sage-femme : « L’allaitement c’est naturel mais ce n’est pas instinctif ! »

Gaëlle, 31 ans, maman de jumeaux, fille et garçon, de 14 mois.

Pourquoi souhaitais-tu allaiter ? Je ne me suis jamais vraiment posé de questions sur le fait d’allaiter, cela m’a toujours semblé naturel. Le corps donne le meilleur au bébé…

Allaitement court ou long ? Moyen… J’ai laissé mes jumeaux se sevrer naturellement : ma fille à 9 mois et mon fils à 10 mois.

En privé seulement ou partout et n’importe quand ? Partout si besoin mais j’avais une sorte de « couverture » d’allaitement, je passais ma tête dans l’ouverture et le reste couvrait mes bébés qui me voyaient et que je voyais pendant la tétée en restant à l’abri des regards.

À la demande ou chronométré ? À la demande, soit les deux en même temps, soit en décalé, je m’adaptais à leurs besoins.

La mise au sein, les premières tétées ? des débuts compliqués ou idylliques ? Compliqués car nous avons été séparés à la naissance (césarienne en mode code rouge). J’ai eu mon fils au bout de 24h et ma fille 5 jours après un protocole d’hypothermie. Mon fils tétait bien mais ma fille n’avait pas assez de forces. J’ai stimulé ma lactation pour que mon corps comprenne qu’il y avait deux bébés à nourrir.

Les solutions et les coups de pouce ? Pour moi, faire une cure de tisane d’allaitement et stimuler ma lactation jour et nuit. Pendant notre hospitalisation, j’ai consulté une conseillère en lactation et cela m’a rassurée quand je pensais que mon allaitement serait impossible en raison de notre situation. 

La reprise du boulot ? Sevrage ou prolongations ? À la reprise du boulot, j’ai opté pour une tétée le matin et le soir en semaine, et 100% tétée le week-end. En mon absence, ils prenaient soit mon lait, soit du lait infantile, soit un yaourt (quand ils ne voulaient pas du biberon).

Le truc à retenir pour bien vivre son allaitement ? S’écouter, trouver de quoi se rassurer au besoin et toujours y croire ! L’allaitement se fait naturellement, et s’il y a des douleurs ou des choses inconfortables, il faut consulter.

Réalisation : MAM X Les Louves
Crédit photo : Belly Balloon Photography pour MAM X Les Louves